La fragilisation de l'exécutif algérien révèle une lutte d'influence persistante entre la présidence et l'état-major

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
La fragilisation de l'exécutif algérien révèle une lutte d'influence persistante entre la présidence et l'état-major

Les équilibres au sommet de l'État algérien sont fragilisés par une apparente crise de confiance entre le président Abdelmadjid Tebboune et le chef d'état-major de l'armée, Saïd Chengriha. Cette dynamique, marquée par le départ du directeur de cabinet présidentiel Boualem Boualem, soulève des interrogations majeures sur la stabilité du centre de décision et la coordination des institutions nationales.

Le rôle charnière de Boualem Boualem

Considéré comme l'un des principaux architectes de la présidence Tebboune, Boualem Boualem occupait une fonction stratégique au cœur de l'administration. Sa maîtrise des rouages étatiques et sa capacité à coordonner les dossiers sensibles en faisaient un pilier de l'exécutif. Son absence, bien que non officialisée, est interprétée par les observateurs comme un bouleversement significatif des équilibres internes, privant le président d'un relais essentiel dans la gestion des affaires courantes et des arbitrages complexes.

Une rivalité persistante pour le contrôle de l'État

La tension entre Abdelmadjid Tebboune et Saïd Chengriha ne date pas de cet épisode récent ; elle s'inscrit dans une lutte d'influence débutée en 2020. Si le président détient la légitimité institutionnelle, le chef d'état-major s'appuie sur une puissance sécuritaire et politique prépondérante. Cette dualité structurelle place l'armée au centre de gravité des décisions stratégiques, diplomatiques et sécuritaires, limitant de fait la marge de manœuvre de la présidence dans la conduite des orientations nationales.

La méfiance comme frein à la diplomatie

Le climat de suspicion est tel que la question de la mobilité internationale des deux dirigeants est devenue un indicateur de la crise. L'idée qu'un déplacement à l'étranger puisse entraîner une éviction du pouvoir à leur retour témoigne d'une méfiance profonde. Cette situation paralyse potentiellement la représentation de l'État sur la scène internationale, chaque camp craignant de perdre sa position dominante en cas d'absence prolongée du territoire. Cette configuration incertaine laisse planer un doute persistant sur la capacité du président à maintenir une cohésion durable au sein de l'appareil d'État.

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