La Fondation Nationale des Musées (FNM) du Maroc engage une réflexion stratégique pour professionnaliser les métiers du secteur muséal. En s'appuyant sur une étude dédiée, l'institution ambitionne de renforcer les compétences des acteurs culturels pour mieux préserver l'identité nationale et accroître le rayonnement du Royaume sur la scène internationale.
Une stratégie de montée en compétences
Lors d'une rencontre au Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain de Rabat, Mehdi Qotbi, président de la FNM, a souligné que la pérennisation des institutions culturelles repose sur la qualité de ceux qui les dirigent et les animent. L'étude présentée vise à identifier précisément les besoins en compétences, les contenus pédagogiques adaptés et les modèles de gouvernance nécessaires. L'objectif est de structurer un écosystème où la circulation des connaissances devient le moteur d'une gestion muséale durable et performante.
Un partenariat structurant avec la France
Ce projet s'inscrit dans une coopération étroite entre la FNM, l'Agence française de développement (AFD) et France Muséums, avec l'appui de l'ambassade de France. Catherine Bonnaud, directrice de l'AFD au Maroc, a qualifié cette initiative d'investissement dans le capital humain, essentiel au développement inclusif. Pour les partenaires français, cette collaboration représente une priorité partagée visant à soutenir la sauvegarde du patrimoine tout en favorisant le rayonnement culturel, non seulement au Maroc, mais à l'échelle du continent africain.
Le Maroc comme hub muséal continental
L'ambition affichée par la FNM dépasse les frontières nationales. Matthias Grolier, directeur général de France Muséums, estime que la consolidation des savoir-faire locaux pourrait positionner le Maroc comme un interlocuteur muséal majeur sur l'échiquier international. En renforçant ses capacités de formation, le Royaume se donne les moyens de devenir un acteur incontournable de la coopération culturelle en Afrique. Cette démarche de professionnalisation est perçue comme une étape clé pour transformer les atouts patrimoniaux du pays en un levier d'influence et de partage des connaissances à long terme.