La fondation Igbo Heroes and Icons (IHIF) a formellement interpellé le All Progressives Congress (APC), le parti au pouvoir au Nigeria, concernant des méthodes de campagne jugées coercitives. L'organisation exhorte les acteurs politiques à privilégier le débat sur les bilans et les programmes plutôt que l'usage de menaces à l'encontre des citoyens et des élus locaux.
Des méthodes d'intimidation pointées du doigt
L'IHIF, par la voix de son coordinateur national Chinedu Nsofor, s'inquiète d'une tendance croissante à la pression politique. La fondation cite plusieurs incidents récents, notamment les propos attribués au gouverneur de l'État d'Ebonyi, Francis Nwifuru, qui aurait menacé de destitution les présidents de conseils locaux en cas de défaite du parti dans leurs zones respectives. Des signalements similaires ont été rapportés concernant le président du conseil de la zone de Kuje, ainsi que des déclarations du président de l'APC dans l'État de Yobe, Muhammad Gadaka, suggérant aux femmes de divorcer si leurs époux ne soutenaient pas le parti. Ces pratiques, selon l'IHIF, portent atteinte à la liberté de conscience des électeurs nigérians.
Le débat sur l'équité et la représentation nationale
Au-delà des critiques sur les méthodes de campagne, la fondation soulève la question de l'inclusion politique au Nigeria. Depuis le retour à la démocratie en 1999, la présidence a été occupée par des personnalités issues du Sud-Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Sud, excluant de fait les représentants d'origine Igbo. L'IHIF précise que son plaidoyer ne repose pas sur une revendication ethnique, mais sur une exigence de justice et de participation équitable de toutes les composantes du pays à la gouvernance nationale.
Vers une élection axée sur la compétence
Pour l'échéance de 2027, la fondation appelle à un changement de paradigme. Elle insiste pour que le scrutin devienne un véritable référendum sur la compétence, la redevabilité et le développement économique. L'IHIF met en avant le bilan de l'ancien gouverneur de l'État d'Anambra, Peter Obi, comme un exemple de profil apte à diriger le pays. En conclusion, l'organisation réaffirme que le droit de vote ne doit être soumis à aucune condition et que la légitimité des candidats doit exclusivement découler de leurs réalisations passées et de leur capacité à répondre aux enjeux de sécurité et de libertés publiques.