La Fondation Bahass, située à Wa dans la région du Haut-Occident au Ghana, a inauguré un programme de formation professionnelle destiné aux résidents en cours de réhabilitation psychiatrique. Cette initiative vise à briser le cycle des rechutes liées à l'inactivité et à la stigmatisation sociale en dotant les patients de compétences techniques concrètes avant leur retour dans la communauté.
Un levier pour l'autonomie après la réhabilitation
Le centre, qui accueille actuellement 72 résidents, propose désormais des formations en couture, en confection de smocks et en tissage traditionnel. Selon Ilyasu Yussif Baba, directeur exécutif de la fondation, la prise en charge clinique est insuffisante si elle n'est pas accompagnée de perspectives économiques. Actuellement, 18 résidents ont déjà entamé ce cursus, deux d'entre eux ayant déjà acquis une autonomie de production. L'objectif est de permettre aux bénéficiaires de quitter le centre avec un métier viable, réduisant ainsi leur dépendance et facilitant leur acceptation sociale.
Lutter contre les causes profondes de l'exclusion
Les admissions au sein de la structure révèlent une réalité complexe : environ 80 % des cas sont liés à l'abus de substances, tandis que d'autres découlent de stress financiers ou de ruptures familiales. Le coordinateur régional de la santé mentale, Sylvester Basagnia, a souligné l'urgence de combattre les préjugés qui poussent les familles à abandonner leurs proches. Il a notamment alerté sur la prévalence de la consommation de substances illicites, telles que le tramadol ou l'alcool frelaté, dans la municipalité de Wa, tout en appelant à traiter les patients avec dignité plutôt qu'à travers le prisme de leur pathologie.
Défis infrastructurels et soutien communautaire
Malgré un bilan positif — plus de 48 personnes réinsérées avec succès — la Fondation Bahass fait face à des contraintes matérielles majeures. L'ensemble des 72 résidents est actuellement logé dans une seule concession, rendant les conditions de vie précaires. La direction a lancé un appel aux dons, notamment pour achever un projet de dortoir dont les travaux sont suspendus au stade des fenêtres. Plusieurs organisations locales, dont la Fondation Jawara et des associations de femmes enseignantes, ont déjà apporté un soutien logistique et financier pour pallier ces besoins immédiats.