Trente-neuf ans après l'assassinat de Babou Paulin Bamouni, journaliste et directeur de la presse présidentielle sous Thomas Sankara, sa mémoire se structure désormais autour d'une initiative dédiée à la formation des médias. La Fondation internationale Babou Paulin Bamouni ambitionne de transformer l'héritage intellectuel et professionnel du défunt en un levier pour l'excellence journalistique au Burkina Faso.
Un engagement né de la quête de vérité
L'idée de cette fondation a germé dans le sillage des procédures judiciaires liées au dossier Thomas Sankara. En 2015, l'exhumation des restes mortels des victimes du 15 octobre 1987 a marqué un tournant pour les familles, incitant Céline Bamouni à pérenniser le parcours de son père. Au-delà de son rôle de compagnon de la révolution, Babou Paulin Bamouni était avant tout un homme de plume, dont la rigueur et l'engagement professionnel sont aujourd'hui érigés en modèle pour les nouvelles générations.
Former les journalistes de demain
La structure se donne pour mission de promouvoir l'intégrité et le professionnalisme dans un secteur en constante mutation. Pour y parvenir, la fondation déploie plusieurs axes stratégiques : l'octroi de bourses d'études pour les étudiants méritants, la création d'une académie de journalisme et le développement de partenariats avec des écoles spécialisées et des organes de presse. Ces actions visent à susciter des vocations tout en offrant un cadre de perfectionnement technique et éthique aux professionnels en activité.
Transmettre une éthique de la rigueur
Pour Céline Bamouni, l'enjeu dépasse la simple commémoration. Il s'agit d'ancrer les valeurs de résilience, d'altruisme et de probité qui caractérisaient son père dans la pratique journalistique contemporaine. La fondation prévoit également des initiatives mémorielles, incluant la publication prochaine de l'autobiographie de Babou Paulin Bamouni. En faisant de son père une figure inspirante, la fondation espère influencer durablement la qualité du journalisme africain, en rappelant que la liberté de ton doit toujours s'accompagner d'une exigence intellectuelle rigoureuse.