La Fondation Anwelle a été officiellement inaugurée à Jirapa, dans la région du Haut-Ouest du Ghana, avec pour mission de pallier les carences en ressources locales par des interventions ciblées dans l'éducation, l'autonomisation des jeunes et le développement rural. Cette initiative, portée par Frank Anwelle, vise à structurer l'accès aux opportunités pour les populations rurales, souvent freinées par un manque d'information et de moyens financiers.
Une stratégie axée sur l'autonomisation technique
Au cœur du projet figure un partenariat avec l'opérateur industriel Johani Annie pour lancer un programme d'apprentissage dans le secteur automobile. Les jeunes sélectionnés bénéficieront d'une formation technique spécialisée dans les centres de Tamale, Sunyani et Accra. À terme, la fondation prévoit l'installation d'un atelier automobile moderne à Jirapa, permettant de créer des emplois locaux et de retenir les compétences sur le territoire.
Le plaidoyer pour une responsabilité citoyenne
Lors de l'inauguration, le chef traditionnel de la zone de Jirapa, Naa Di-Naa Donlabong III, a exhorté la diaspora et les citoyens à s'impliquer activement dans le développement de leur localité. Il a souligné que le progrès ne doit pas dépendre exclusivement de l'État central, encourageant les ressortissants à investir leurs capitaux, leurs réseaux et leur expertise technique pour bâtir une économie locale compétitive. Le chef traditionnel a également défendu l'usage des outils numériques et des influenceurs sociaux pour moderniser la communication de la chefferie et promouvoir les opportunités de la région à l'international.
Transparence et pérennité des interventions
La fondation, dont le nom signifie « personne ne doit être laissé pour compte », s'est engagée à respecter des standards stricts de transparence et de mérite. Le président du conseil d'administration, le professeur Williams Angko, a insisté sur le caractère non partisan de l'organisation, garantissant que l'aide sera distribuée selon les besoins réels et non par affinités. Avant même son lancement officiel, la structure avait déjà mené des actions concrètes, notamment le financement complet du cursus universitaire d'étudiants en difficulté, la distribution de machines à coudre pour la formation professionnelle et le forage de puits pour l'accès à l'eau potable.
Les défis de la mobilisation locale
Si l'initiative a reçu le soutien de personnalités politiques et diplomatiques, des appels à la prudence ont été formulés. Le ministre régional, Charles Lwanga Puozuing, a mis en garde contre une dépendance excessive envers la fondation, soulignant que la pression sur une seule structure pourrait compromettre sa viabilité à long terme. Il a appelé à une collaboration accrue entre l'assemblée municipale, les conseils traditionnels et les partenaires au développement pour créer des chaînes de valeur agricoles intégrées, rendant le secteur plus attractif pour la jeunesse.