Le Nigeria fait face à une nouvelle pression inflationniste sur les produits pétroliers, alors que les prix de gros dans les dépôts nationaux ont atteint 1 290 nairas par litre. Cette tendance haussière, corrélée à la volatilité des cours mondiaux du brut, laisse craindre une répercussion immédiate sur les prix à la pompe pour les consommateurs et les entreprises.
Une hausse généralisée dans les hubs pétroliers
Les rapports récents indiquent une augmentation significative des prix dans les principaux centres de distribution du pays, notamment à Lagos, Calabar, Port Harcourt et Warri. À Calabar, des acteurs comme Mainland et Soroman ont porté leurs tarifs à 1 290 nairas, tandis que la raffinerie Dangote, acteur central du marché, a ajusté ses prix à 1 266 nairas par litre. Cette dynamique touche l'ensemble du secteur, des terminaux indépendants aux grands distributeurs, avec des hausses variant entre 60 et 90 nairas par litre selon les zones géographiques.
L'impact des tensions géopolitiques mondiales
Cette instabilité domestique est directement liée à la conjoncture internationale. Le cours du baril de Brent a récemment franchi la barre des 90 dollars, stimulé par les tensions militaires au Moyen-Orient. Pour le Nigeria, cette corrélation est critique : la hausse du prix du brut augmente mécaniquement le coût de remplacement des produits pétroliers importés et influence les stratégies tarifaires des raffineurs locaux. L'écart croissant entre les cours mondiaux et les prix pratiqués en dépôt devient difficile à maintenir pour les opérateurs.
Risques pour le pouvoir d'achat et les entreprises
Si les distributeurs décident de répercuter ces coûts de dépôt sur les prix de détail, les conséquences pour l'économie nigériane pourraient être sévères. Actuellement, certains points de vente affichent déjà des prix oscillant entre 1 350 et 1 400 nairas par litre. Une nouvelle augmentation aggraverait les charges opérationnelles des entreprises, particulièrement celles dépendantes de l'autoproduction d'électricité via des générateurs, tout en alourdissant les coûts de transport et de logistique pour les ménages. Les observateurs du secteur soulignent que la combinaison des frais de distribution et de la logistique rend la situation particulièrement précaire pour le tissu économique national.