Le premier semestre 2026 a été marqué par une forte instabilité des prix des carburants au Ghana, sous l'effet direct des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Selon la Chambre des entreprises de commercialisation pétrolière (COMAC), cette crise a provoqué une hausse significative des tarifs à la pompe, tout en révélant la vulnérabilité persistante du pays face aux chocs d'approvisionnement mondiaux.
Une volatilité exacerbée par la crise du détroit d'Ormuz
La fermeture du détroit d'Ormuz a agi comme un catalyseur de crise sur les marchés pétroliers internationaux. Avec une chute de 96 % du trafic maritime dans cette zone stratégique et une baisse de la production du Golfe estimée à 6,7 millions de barils par jour, le cours du baril de Brent a connu une ascension fulgurante, passant de 75 dollars en janvier à un pic compris entre 115 et 120 dollars. Cette situation a mécaniquement renchéri les coûts de fret, d'assurance et de livraison, répercutant ainsi une pression inflationniste sur les prix intérieurs ghanéens.
Hausse des prix à la pompe et résilience de la demande
Malgré une tendance à la modération observée après la réouverture partielle du détroit en juin, le bilan du semestre reste marqué par une inflation notable des produits pétroliers. Les prix moyens à la pompe ont enregistré des hausses substantielles par rapport aux niveaux de janvier : +19,9 % pour l'essence, +29,4 % pour le diesel et +22,9 % pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Étonnamment, cette envolée des prix n'a pas freiné la consommation nationale, qui a progressé de 12,24 % pour atteindre 4,06 milliards de litres sur la période.
La montée en puissance de la production locale
Le paysage énergétique ghanéen amorce une transformation structurelle avec l'essor de la production domestique, qui a bondi de 350,7 % pour atteindre 878,33 millions de litres, une performance largement portée par la raffinerie Sentuo. Parallèlement, les importations de produits raffinés ont reculé de 12,67 %, totalisant 3,43 milliards de litres. Toutefois, la COMAC souligne que le Ghana demeure structurellement dépendant des importations pour couvrir ses besoins, maintenant le pays dans une position d'exposition aux futures perturbations des marchés internationaux.