Dans une démarche diplomatique rare, le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre ont tenu un entretien téléphonique de 90 minutes avec Vladimir Poutine. Cette initiative, menée par les deux pays voisins de la Russie, vise à ouvrir des canaux de communication directs pour préparer de futures négociations de paix en Ukraine.
Une concertation étroite avec Kiev et Washington
L'entretien, coordonné depuis Helsinki, n'a pas été mené au nom de l'Union européenne, mais en tant qu'action propre aux deux nations nordiques. Les dirigeants ont souligné avoir préparé cet échange en étroite consultation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les autorités américaines, suite à une rencontre tenue à Oslo la semaine précédente. Kiev a officiellement exprimé sa gratitude pour ce soutien actif, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, qualifiant cette approche de pertinente.
Des positions divergentes sur les conditions de paix
Si les deux dirigeants européens ont qualifié la discussion de « franche et substantielle », ils ont reconnu l'existence de divergences profondes avec le Kremlin. De son côté, Vladimir Poutine a réitéré sa position habituelle, affirmant qu'une paix durable ne pourrait être envisagée que si les intérêts russes étaient « pleinement et inconditionnellement » pris en compte. Malgré l'absence de percée immédiate, les trois parties ont convenu de maintenir ce canal de communication direct, alors que des pourparlers trilatéraux entre les États-Unis, l'Ukraine et la Russie sont envisagés pour novembre à Abou Dabi.
Réactions contrastées au sein de l'Europe
Cette initiative isolée suscite des interrogations au sein de l'UE. Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a notamment plaidé pour une unité européenne plutôt que pour des démarches individuelles. Toutefois, le Kremlin a qualifié ces échanges de « constructifs et pratiques », marquant une évolution notable dans sa rhétorique habituelle envers les dirigeants européens. Ce dialogue intervient dans un contexte de reconfiguration diplomatique, marqué par un assouplissement de la position américaine vis-à-vis de Moscou et une volonté croissante de certains leaders européens de renouer un contact direct avec le pouvoir russe pour tenter de mettre fin aux coûts humains et matériels du conflit.