La Conférence générale des poids et mesures (CGPM) a acté la suppression définitive de la seconde intercalaire à compter du 20 mai 2027. Cette décision met fin à une pratique vieille de plus de quarante ans visant à ajuster le temps atomique à la rotation irrégulière de la Terre, afin de prévenir des risques de défaillances critiques dans les réseaux informatiques mondiaux.
L'obsolescence d'un ajustement manuel
Depuis 1972, le Temps universel coordonné (UTC) intégrait ponctuellement une seconde supplémentaire pour compenser les variations de la rotation terrestre, influencée par les effets de marée et les mouvements internes du noyau planétaire. Ce mécanisme, qui imposait parfois l'affichage d'une minute de 61 secondes, était devenu une source d'instabilité technique. Au total, 27 secondes intercalaires ont été ajoutées de manière irrégulière, la dernière remontant au 31 décembre 2016.
La menace des secondes négatives
La réforme répond à une urgence technologique liée à l'accélération imprévisible de la rotation de la Terre. Pour la première fois, les scientifiques envisageaient la nécessité d'introduire une seconde intercalaire négative, c'est-à-dire de supprimer une seconde du calendrier officiel. Les experts, dont ceux du groupe de travail sur la synchronisation des réseaux, ont alerté sur l'incapacité de nombreux systèmes informatiques à gérer une telle soustraction, ce qui aurait pu provoquer des bugs majeurs dans des secteurs sensibles.
Sécuriser les infrastructures critiques
La transition vers un temps UTC continu est une mesure de protection pour les infrastructures essentielles, notamment les réseaux électriques, les systèmes de défense, les transports, la finance et les télécommunications. En supprimant ces ajustements imprévisibles, la communauté scientifique garantit une continuité temporelle indispensable au fonctionnement des technologies modernes. Si cette décision entraînera une divergence lente entre le temps officiel et le temps solaire, les autorités scientifiques estiment qu'il faudra plusieurs siècles avant que ce décalage n'atteigne une heure, une limite fixée par la CGPM pour réévaluer la situation si nécessaire.