La filière thonière du Ghana en péril après l'arrêt total de sa flotte de ligne

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
La filière thonière du Ghana en péril après l'arrêt total de sa flotte de ligne

Le secteur de la pêche au thon au Ghana traverse une crise structurelle majeure marquée par la mise à l'arrêt complète de ses 20 navires utilisant la technique de la ligne. Cette défaillance fragilise l'ensemble de la chaîne de valeur, menaçant directement l'approvisionnement des usines de transformation locales.

Une rentabilité étouffée par les coûts opérationnels

La viabilité économique des armateurs ghanéens est aujourd'hui compromise par une accumulation de charges financières. Le prix du carburant, acheté au tarif du marché sans subvention, représente un poste de dépense colossal : une seule expédition peut nécessiter jusqu'à 270 000 litres de gasoil. À cela s'ajoute une inflation drastique des coûts de licence, passés de 35 à 135 dollars par tonne de jauge brute, ainsi que des frais portuaires indexés sur le dollar, rendant les entreprises vulnérables aux fluctuations monétaires. La sécurité maritime, devenue une nécessité face aux risques de piraterie, impose également le financement d'équipages de protection navale, alourdissant encore les bilans comptables.

Déficit de compétences et contraintes techniques

Au-delà des aspects financiers, le secteur souffre d'une dépendance critique envers l'expertise étrangère. L'absence de centres de formation spécialisés contraint les armateurs à employer des capitaines majoritairement coréens, dont le vieillissement pose un défi de transmission des savoir-faire. Parallèlement, les navires de ligne font face à des obstacles opérationnels persistants, notamment la difficulté d'approvisionnement en appâts vivants. Les restrictions sur l'usage de la lumière pour agréger les bancs d'anchois allongent considérablement les durées de recherche, réduisant mécaniquement le temps consacré à la pêche effective et rendant l'activité non rentable.

Menace sur la transformation locale

La disparition de ces 20 unités de pêche réduit drastiquement les volumes de matières premières disponibles pour les transformateurs nationaux, tels que Pioneer Food Cannery et Cosmo Foods. Cette situation est aggravée par un manque d'infrastructures de maintenance adéquates, forçant les navires à des attentes prolongées, parfois jusqu'à deux ans, dans des ports étrangers comme Abidjan pour des opérations de carénage. Alors que les prix internationaux du thon ont progressé, la hausse exponentielle des coûts de production a neutralisé toute marge bénéficiaire, plaçant l'avenir de la filière thonière ghanéenne dans une impasse préoccupante.

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