La filière sucrière guadeloupéenne face à une crise climatique qui menace sa pérennité

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
La filière sucrière guadeloupéenne face à une crise climatique qui menace sa pérennité

La filière sucrière de Guadeloupe traverse une période de vulnérabilité extrême, marquée par une sécheresse persistante qui empêche le démarrage des nouvelles plantations. Cette crise climatique, qui s'ajoute à des infrastructures hydrauliques défaillantes, fragilise un secteur déjà en net recul après une récolte 2026 marquée par une chute de production de 35 %.

Un cycle de production interrompu par le déficit hydrique

Depuis le mois de mai, les conditions météorologiques en Guadeloupe se caractérisent par une chaleur intense et un manque de précipitations record, le mois de juillet ayant été le plus chaud enregistré depuis 1995. Cette situation empêche les planteurs de mettre en terre les nouvelles plantules, qui risqueraient de brûler sous l'effet du soleil. Selon les prévisions de Météo-France, cette tendance au sec devrait se maintenir jusqu'en février, compromettant déjà les perspectives pour la récolte 2027.

La pression sur les ressources en eau agricole

La culture de la canne, qui occupe près de 50 % des terres agricoles de l'archipel, souffre d'un manque criant d'irrigation. La situation est exacerbée par la vétusté du réseau de distribution d'eau potable du territoire : les ressources destinées à l'agriculture sont fréquemment détournées pour pallier les carences du réseau urbain. Cette tension sur l'eau place les agriculteurs dans une impasse, rendant les cultures particulièrement sensibles aux aléas climatiques.

Défis structurels et avenir de la filière

Face à cette crise, les acteurs de la filière s'interrogent sur les leviers d'adaptation. Si certains misent sur la formation aux pratiques agroécologiques et le développement de variétés plus résistantes, d'autres pointent du doigt les faiblesses structurelles du secteur. Avec un rendement moyen inférieur à 20 tonnes par hectare, le morcellement foncier et la viabilité économique des exploitations sont remis en question par les autorités.

La Direction de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt (Daaf) envisage désormais une refonte du régime des subventions pour encourager une professionnalisation accrue. L'enjeu est de taille pour un territoire qui importe 82 % de sa nourriture et où la filière canne, bien que subventionnée, demeure un pilier structurant de l'économie locale malgré la baisse constante des volumes produits.

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