La FIFA réunit son conseil à Zurich pour débattre d'une réforme majeure visant à interdire l'annulation des suspensions automatiques lors de la Coupe du monde. Cette initiative fait suite à une controverse internationale provoquée par l'annulation du carton rouge infligé à l'attaquant américain Folarin Balogun, une décision perçue comme une ingérence politique directe dans la gestion sportive.
La fin des interventions politiques dans l'arbitrage
Lors du match des 32es de finale opposant les États-Unis à la Bosnie, Folarin Balogun avait été exclu pour une faute sur Tarik Muharemovic. Alors que cette sanction entraînait automatiquement une suspension pour le match suivant, une intervention du président américain Donald Trump auprès de Gianni Infantino a conduit à l'annulation du carton rouge. Cette décision a suscité une vague d'indignation parmi les fédérations, les experts et les instances dirigeantes du football, qui y voient une menace pour l'indépendance des comités disciplinaires.
Une gouvernance sous haute tension
La réunion du conseil de la FIFA, composé de 37 membres, intervient dans un climat de défiance généralisée envers la présidence de Gianni Infantino. Ce dernier est sous pression après l'abandon récent d'un projet controversé visant à céder 20 % des parts commerciales de la Coupe du monde à des investisseurs privés, dont une société liée à Joshua Kushner. Ce projet, rapidement avorté, a cristallisé les critiques des confédérations européennes (UEFA), asiatiques (AFC) et nord-américaines (CONCACAF).
Vers une limitation des pouvoirs présidentiels
Au-delà de la réforme des règles disciplinaires, la rencontre de Zurich sera marquée par une volonté affichée de certains dirigeants du football mondial de limiter les prérogatives de Gianni Infantino. Alors que l'échéance électorale de mars 2027 approche, avec une date limite de dépôt des candidatures fixée au 18 novembre, la gouvernance de l'institution est plus que jamais scrutée. La vice-présidente de la FIFA, Debbie Hewitt, a notamment exigé la transparence totale sur les documents relatifs à l'affaire Balogun, illustrant la fracture croissante au sein de l'instance dirigeante du football mondial.