La Fédération patronale de la presse de Guinée (FEPAP-GUI) engage un plaidoyer pour transformer le modèle économique des médias nationaux. Son président, Amadou Tham Camara, mise sur la taxation des plateformes numériques internationales et la signature d'une convention collective pour professionnaliser le secteur et sécuriser les conditions de travail des journalistes.
Un levier fiscal face à la concurrence des plateformes
Face à la captation croissante des recettes publicitaires par des acteurs comme Facebook, Google et TikTok, la FEPAP-GUI propose d'instaurer une taxe spécifique sur les dépenses publicitaires numériques. L'idée est d'appliquer une TVA additionnelle de 18 % sur les investissements publicitaires réalisés sur ces plateformes, dont le produit serait directement réinjecté dans le financement de la presse locale. Le patronat guinéen estime que cette mesure, déjà en vigueur dans plusieurs pays africains comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou le Nigeria, permettrait de corriger une concurrence jugée déloyale et de renforcer les revenus des entreprises de presse, actuellement jugés insuffisants.
Vers une convention collective pour les journalistes
Au cœur des priorités de la nouvelle fédération figure la mise en œuvre d'une convention collective. Ce texte doit servir de socle juridique pour garantir une rémunération décente et l'immatriculation obligatoire des journalistes à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Pour Amadou Tham Camara, cette étape est indispensable pour assurer l'indépendance professionnelle des acteurs des médias. Le patronat envisage également de solliciter des aménagements tarifaires auprès des services publics, tels que l'eau et l'électricité, pour alléger les charges opérationnelles des entreprises de presse.
Assainir le paysage médiatique
La FEPAP-GUI affiche une volonté claire de structurer un secteur marqué par une prolifération de structures aux moyens limités. Le projet de nouvelle loi sur la liberté de la presse, actuellement à l'étude, pourrait introduire une exigence minimale de cinq journalistes par entreprise pour obtenir le statut officiel. Cette mesure vise à professionnaliser le paysage médiatique guinéen en exigeant des capacités humaines et organisationnelles réelles. En mutualisant les efforts des différentes associations patronales, la fédération espère désormais parler d'une seule voix face aux autorités pour faire aboutir ces réformes structurelles.