La Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT) traverse une phase de redressement après la mise en lumière de graves dysfonctionnements financiers sous la précédente mandature. Un audit préliminaire, rendu public par l'actuelle direction, met en cause la gestion passée et souligne l'urgence d'une réforme des procédures internes pour assainir le football national.
Des anomalies financières chiffrées à 380 millions de FCFA
Le rapport d'audit, présenté par le président Mahazou dit Baba Cissé, dresse un constat sévère sur l'administration sortante. Les enquêteurs ont identifié plus de 380 millions de FCFA de dépenses dépourvues de justificatifs probants. Au-delà de ce manque de traçabilité, le document pointe des indices de surfacturation et des avances de fonds jugées suspectes. Ces irrégularités sont le résultat direct d'un effondrement des mécanismes de contrôle interne et d'un mépris manifeste pour les procédures d'achat réglementaires au sein de l'institution.
Impact sur la viabilité des clubs et des partenaires
La mauvaise gestion financière a eu des répercussions concrètes sur l'écosystème du football malien. L'asphyxie financière causée par ces pratiques a entraîné des retards de paiement préjudiciables aux clubs et aux fournisseurs locaux, fragilisant ainsi l'ensemble de la chaîne opérationnelle du sport roi au Mali. Face à cette situation critique, la nouvelle équipe dirigeante a dû intervenir en urgence en injectant 387 millions de FCFA pour soutenir directement les ligues et les acteurs du secteur, une mesure destinée à restaurer la confiance et à éponger les dettes héritées.
Le principe de contradiction au cœur de la procédure
Malgré la gravité des éléments soulevés par l'audit, la présidence actuelle de la FEMAFOOT privilégie une approche rigoureuse et procédurale. Le président Mahazou dit Baba Cissé a insisté sur le respect du principe de contradiction : les responsables mis en cause seront autorisés à présenter leurs arguments et à fournir des pièces justificatives avant toute conclusion définitive. Ce n'est qu'au terme de cette phase d'échange que le rapport final sera transmis aux instances compétentes, garantissant ainsi une procédure équitable avant d'éventuelles suites judiciaires ou administratives.