La Fédération ghanéenne du tourisme (GHATOF) monte au créneau pour exiger des compensations financières après la destruction de 85 établissements situés sur le site de La Pleasure Beach. Cette opération de démolition met en péril près de 4 000 emplois, majoritairement occupés par des femmes, et soulève des interrogations critiques sur la sécurité juridique des investissements dans le secteur touristique national.
Un impact social et économique majeur
Les commerces affectés, spécialisés dans la restauration, le commerce général et l'artisanat, constituaient des piliers de l'économie locale depuis plusieurs décennies. Ces entreprises s'acquittaient régulièrement de leurs obligations fiscales et de leurs taxes touristiques. La brutalité de l'opération, menée sans préavis suffisant pour des structures détenant des permis d'exploitation officiels, a entraîné la perte immédiate de revenus et d'équipements pour des centaines de familles, alors même que les commerçants se préparaient pour la haute saison touristique de décembre.
La question de la responsabilité institutionnelle
Le président de la GHATOF, Seth Ocran, pointe du doigt la responsabilité des assemblées de district et des institutions publiques ayant délivré les autorisations d'exploitation. La fédération exige désormais des comptes sur les conditions de cette éviction. Au-delà du préjudice immédiat, la GHATOF avertit que le non-respect des permis officiellement délivrés risque d'éroder durablement la confiance des investisseurs dans le secteur du tourisme au Ghana, en créant un climat d'incertitude sur la pérennité des installations commerciales.
Revendications pour une réintégration future
Face à l'avenir incertain du site, la fédération formule deux demandes claires : l'octroi de compensations financières pour les pertes subies et l'instauration d'un droit de priorité pour les commerçants évincés dans le cadre de tout projet de réaménagement futur. Cette mesure viserait à garantir que les acteurs historiques du site ne soient pas définitivement exclus des opportunités économiques à venir. La GHATOF a annoncé son intention de maintenir la pression sur les autorités pour obtenir un dialogue constructif, soulignant que la gestion de ce dossier servira de test pour la protection des droits des entreprises locales face aux décisions d'aménagement urbain.