La Fédération ghanéenne des organisations de personnes handicapées (GFD) a qualifié de « trahison institutionnelle » la gestion par le lycée de jeunes filles de Bolgatanga (BOGISS) d'une affaire d'abus sexuels visant une élève de 14 ans. L'organisation exige l'annulation immédiate des sanctions disciplinaires prises contre l'adolescente, atteinte d'autisme, qui a été accusée de « mauvaise conduite sexuelle » par son établissement alors qu'elle est la victime présumée d'actes commis par deux agents de sécurité.
Une inversion des responsabilités dénoncée
Le 20 juillet 2026, une correspondance interne du lycée avait déclaré l'élève coupable, recommandant initialement son renvoi avant de commuer la sanction en un retrait de son statut d'interne pour une année scolaire. La GFD s'insurge contre cette approche, rappelant qu'en droit ghanéen, une mineure de moins de 16 ans ne peut consentir à un acte sexuel avec un adulte. Pour la Fédération, cette procédure disciplinaire constitue une victimisation secondaire, soulignant qu'une enfant ne peut être tenue responsable de sa propre agression.
Intervention ministérielle et mesures conservatoires
Face au tollé, le ministère de l'Éducation est intervenu pour ordonner la réintégration immédiate de l'élève dans son statut d'interne. Le vice-ministre de l'Éducation, le Dr Clement Apaak, a qualifié la gestion du dossier par l'établissement d'inacceptable. Parallèlement, les deux agents de sécurité mis en cause ont été arrêtés et interdis par le Service de l'éducation du Ghana (GES), et le dossier a été transmis à la police pour une enquête approfondie impliquant l'unité de lutte contre les violences domestiques (DOVVSU).
Exigences pour une réforme de la protection scolaire
Au-delà de la situation individuelle de l'élève, la GFD appelle à une refonte des systèmes de protection dans les établissements scolaires. L'organisation réclame un audit indépendant sur la sécurité au sein du BOGISS, ainsi que l'instauration de contrôles psychologiques et d'antécédents obligatoires pour tout le personnel non enseignant des établissements pré-universitaires. La Fédération insiste sur la vulnérabilité accrue des élèves en situation de handicap, qui dépendent davantage des adultes dans les structures d'internat.
Vers une vigilance nationale accrue
La GFD exhorte les autorités ghanéennes, notamment les ministères de l'Éducation et du Genre, à traiter cet incident non comme un cas isolé, mais comme un signal d'alarme. L'objectif est de confronter les défaillances systémiques en matière de protection de l'enfance et de discrimination liée au handicap. La Fédération demande formellement l'effacement de toute mention de « mauvaise conduite » du dossier scolaire de l'élève, ainsi qu'un soutien médical et psychologique adapté à ses besoins spécifiques.