La Fédération française de football (FFF) a officiellement acté son retrait de soutien à Gianni Infantino pour l'élection présidentielle de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 au Maroc. Ce revirement stratégique, porté par le président de la FFF Philippe Diallo, illustre une défiance croissante des instances européennes face à la gouvernance actuelle de l'organisation mondiale du football.
Une rupture sur fond de tensions institutionnelles
Le changement de cap de la France, qui envisageait initialement une approche pragmatique pour préserver ses intérêts diplomatiques sportifs, marque une rupture nette. Les critiques se cristallisent autour d'un manque de concertation avec les fédérations européennes et des désaccords profonds sur la stratégie commerciale de la FIFA. Le projet d'ouverture du capital de l'instance à des investisseurs privés, couplé à des décisions arbitrales et administratives contestées, a fini par isoler la direction actuelle auprès de plusieurs nations du Vieux Continent.
L'Europe face au bloc de soutien d'Infantino
La France n'est pas isolée dans cette fronde : elle rejoint la Suède, l'Écosse, l'Italie et la Belgique dans une opposition structurée autour de la ligne de l'UEFA. Toutefois, cette dynamique européenne ne garantit pas une éviction du dirigeant sortant. Gianni Infantino s'appuie sur des soutiens solides, notamment au sein des confédérations africaine et sud-américaine. Le Maroc, pays hôte du prochain scrutin, a d'ailleurs déjà réitéré son appui à la candidature du président en exercice.
Le poids de l'héritage des crises passées
Ce climat de contestation ravive les mémoires des crises de gouvernance qui ont secoué la FIFA avant 2016. L'organisation, marquée par les scandales financiers sous l'ère João Havelange et les affaires de corruption ayant conduit à la chute de Sepp Blatter, avait pourtant promis une ère de transparence sous l'impulsion d'Infantino. Dix ans plus tard, les critiques sur le fonctionnement interne et la gestion des droits commerciaux suggèrent que la question de la légitimité et de la transparence reste un enjeu central pour l'avenir de l'institution, au-delà de la simple échéance électorale de 2027.