La Fédération française de football (FFF) a officiellement acté le retrait de son soutien à la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la tête de la FIFA. Cette décision, prise à l'unanimité par le comité exécutif de la fédération, marque une rupture profonde avec la direction actuelle de l'instance mondiale du football, jugée en décalage avec les exigences de transparence et de bonne gouvernance.
Le désaveu d'un projet commercial opaque
Le point de rupture a été cristallisé par l'annonce, au lendemain de la Coupe du monde, d'un projet de création d'une société commerciale visant à céder une partie des droits de la compétition à des investisseurs privés. Ce projet, valorisé à 20 milliards d'euros, a été perçu par la FFF et plusieurs autres confédérations comme une manœuvre injustifiée, compte tenu des réserves financières records de la FIFA. Philippe Diallo, président de la FFF, a souligné l'absence totale de consultation préalable, qualifiant cette initiative de menace pour l'image et l'unité du football mondial.
Une fronde internationale pour la transparence
La position française s'inscrit dans un mouvement de contestation plus large, coordonné au sein de l'UEFA. La pression exercée par les fédérations européennes, soutenues par des confédérations comme la CONCACAF et l'AFC, a déjà conduit à l'abandon du projet de société commerciale. Toutefois, la FFF estime que cet arrêt ne suffit pas à solder la crise. Des procédures judiciaires ont été initiées par l'UEFA à Zurich, New York et en Floride afin de vérifier la légalité des opérations envisagées par la direction de la FIFA.
Vers une alternative pour l'élection de 2027
Face à ce qu'elle qualifie de système défaillant, la FFF entend désormais peser sur l'avenir de l'institution. Philippe Diallo a annoncé l'ouverture de consultations avec des experts en gouvernance pour définir un socle de propositions concrètes. L'objectif est de faire émerger, d'ici le 18 novembre 2026, un profil de candidat capable de fédérer les 211 fédérations membres autour d'un programme axé sur l'éthique et le développement du sport. La FFF insiste sur la nécessité d'un leadership légitime, capable de restaurer la confiance au sein d'une organisation dont la mission première doit rester le développement du football mondial et la solidarité entre les nations.