La Fédération française de football (FFF) a voté ce jeudi 10 septembre le retrait de son soutien à Gianni Infantino, président de la FIFA et unique candidat déclaré pour les élections de mars 2027. Cette décision s’inscrit dans une série de désaveux européens suite à des accusations de gouvernance opaque et à un projet de commercialisation des recettes de la Coupe du monde.
Retrait du soutien lors du comité exécutif de la FFF
Le comité exécutif de la FFF, réuni en séance collégiale, a unanimement adopté la résolution de ne plus soutenir la candidature d’Infantino. La décision, annoncée immédiatement après la réunion, reflète la volonté de la fédération française de se dissocier d’un dirigeant sous le feu des critiques, malgré le fait qu’il reste le seul candidat officiellement déclaré pour l’élection du 18 mars 2027.
Controverse autour du projet de société commerciale
Les opposants à Infantino pointent du doigt un projet présenté en secret : la création d’une société commerciale à capitaux privés, à hauteur de 20 % du capital, destinée à loger les recettes de la prochaine Coupe du monde. Selon les fédérations critiques, ce montage aurait permis à des investisseurs privés, dont des fonds liés à des proches du président américain Donald Trump, de s’approprier une part des revenus du tournoi. Après un tollé médiatique, Infantino avait d’abord abandonné le plan, mais le débat a été relancé cet été lorsque le secrétaire général de la FIFA, Philippe Diallo, s’est opposé à toute cession de parts à des entités privées.
Réactions des fédérations européennes et perspectives électorales
Avant la France, plusieurs fédérations européennes – Suède, Écosse, Italie et Belgique – avaient déjà retiré leur soutien à Infantino, rejoignant ainsi des collectifs de supporters, d’anciens joueurs et le vice‑président du conseil de la FIFA, Sandor Csanyi. Cette vague de désaveux fragilise la légitimité du président en place et ouvre la porte à d’éventuels candidats de dernière minute, même si aucune autre candidature officielle n’a encore été annoncée. Les observateurs soulignent que le manque d’alternatives pourrait pousser la FIFA à réviser son mode de scrutin ou à instaurer des réformes de gouvernance avant le vote.
Conséquences pour la France au sein de la FIFA
En se désolidarisant d’Infantino, la FFF espère renforcer son influence dans les instances dirigeantes de la FIFA et défendre une vision plus transparente du football mondial. Le retrait du soutien pourrait également permettre à la France de jouer un rôle de médiateur dans les négociations sur la répartition des recettes de la Coupe du monde, un sujet sensible pour les fédérations africaines et latino‑américaines. Toutefois, la position française reste conditionnée à l’évolution du processus électoral et aux éventuelles concessions que le président sortant pourrait proposer pour apaiser les critiques.