La Fédération des Syndicats de la Santé (F2S) a rompu la trêve observée depuis deux mois, sommant le gouvernement de répondre à ses revendications sous quinze jours. Face à ce qu'elle qualifie d'application parcellaire des accords, la structure syndicale menace de reprendre un mouvement de contestation d'envergure dès le mois de septembre.
Un ultimatum sur trois points de blocage majeurs
Le cœur du contentieux repose sur trois exigences jugées non négociables par la F2S. En premier lieu, les syndicats réclament l'intégration effective de l'indemnité de logement dans la Loi de finances rectificative, assortie d'un calendrier d'exécution précis, conformément au pacte de stabilité sociale signé en 2025. Parallèlement, la fédération exige l'harmonisation de l'âge de départ à la retraite à 65 ans pour l'ensemble des corps de la santé et de l'action sociale, ainsi qu'une revalorisation des pensions associées.
Désaccord sur la politique de recrutement
La question des effectifs constitue un autre point de friction majeur. La F2S dénonce le non-respect de l'engagement initial prévoyant l'embauche de 3 500 agents par an sur cinq ans. Alors que le gouvernement table sur 2 500 recrutements pour 2026, les syndicats exigent une transparence accrue sur les critères de sélection et une priorité accordée aux personnels soignants. La situation de la région de Kédougou, où seuls 100 des 436 agents en poste sont des fonctionnaires, est mise en avant pour illustrer la précarité des ressources humaines dans le secteur.
Une défiance croissante après des mois de dialogue
Malgré la tenue de quatre réunions techniques, la F2S estime que les échanges n'ont pas abouti aux garanties nécessaires. L'historique des mobilisations depuis le début de l'année, marquées par des grèves générales et des boycotts des campagnes de vaccination, témoigne d'une lassitude syndicale face à ce qu'ils perçoivent comme des manœuvres dilatoires. Outre les points prioritaires, la fédération maintient ses demandes concernant la régularisation des contractuels, l'octroi d'indemnités pour les nouveaux corps de métier et le renforcement global du financement des établissements publics de santé.
Vers une rentrée sociale sous tension
La F2S a clairement signifié que sa volonté de dialogue ne doit pas être interprétée comme une faiblesse. En l'absence de réponses satisfaisantes à l'issue du délai de deux semaines, le secteur de la santé pourrait connaître une paralysie significative en septembre. La résolution de ce conflit est désormais présentée par les syndicats comme un préalable indispensable à toute signature d'un protocole d'accord durable avec les autorités de tutelle.