La Fédération allemande de football (DFB) a officiellement réclamé le départ de Gianni Infantino de la présidence de la FIFA. Cette prise de position, portée par son vice-président Hans-Joachim Watzke, souligne une rupture profonde au sein de l'instance dirigeante du football mondial à quelques mois d'une élection présidentielle où le dirigeant suisse reste, pour l'heure, le seul candidat déclaré.
Une gouvernance jugée unilatérale et opaque
Le cœur de la fronde allemande repose sur une série de décisions prises par Gianni Infantino sans concertation préalable avec les instances décisionnelles de la FIFA. Hans-Joachim Watzke a notamment fustigé la création arbitraire du « Prix de la Paix » de la FIFA, décerné en décembre 2025 à Donald Trump. Selon le dirigeant allemand, l'instauration de cette distinction, décidée et annoncée par le président de la FIFA seul, illustre une dérive autoritaire incompatible avec les standards de gouvernance d'une institution internationale.
Ingérences politiques et intégrité sportive
La DFB pointe également du doigt des épisodes d'ingérence politique directe qui auraient entaché l'équité des compétitions. L'exemple cité concerne l'annulation de la suspension automatique de l'attaquant américain Folarin Balogun lors de la Coupe du monde 2026. Cette décision, intervenue après un échange téléphonique entre Donald Trump et Gianni Infantino, est perçue par la fédération allemande comme une remise en cause grave de l'indépendance de l'arbitrage et des instances disciplinaires de la FIFA.
Le projet de privatisation au cœur de la discorde
La défiance allemande s'est cristallisée autour d'un projet commercial avorté, visant à ouvrir le capital de la FIFA à des investisseurs privés. Révélé le 28 juillet dernier puis abandonné quatre jours plus tard face à la levée de boucliers, ce dossier a révélé une absence totale de transparence. Le président de la DFB, Bernd Neuendorf, a confirmé que ni les vice-présidents de la FIFA ni le Conseil n'avaient été informés de cette initiative, qualifiée d'« insensée » par les responsables allemands.
Vers une crise de confiance institutionnelle
Alors que la période de dépôt des candidatures pour l'élection du 18 mars 2027 court jusqu'au 18 novembre, la position de la DFB témoigne d'une fracture durable. En refusant de soutenir la réélection d'Infantino, la fédération allemande cherche à mettre fin à ce qu'elle qualifie de « système Infantino », estimant que le lien de confiance nécessaire à la direction du football mondial est désormais irrémédiablement rompu.