La famille de Nnamdi Kanu, leader du mouvement séparatiste IPOB, conteste formellement la condamnation prononcée le 20 novembre 2025 par la Cour fédérale d'Abuja. À travers une série d'arguments juridiques, les proches du détenu dénoncent une procédure entachée d'irrégularités et appellent le Conseil judiciaire national (NJC) à se saisir du comportement du juge James Omotosho.
Contestation sur la base légale de la condamnation
Le cœur de l'argumentaire familial repose sur l'application de la législation antiterroriste. La famille soutient que la condamnation s'appuie sur des textes abrogés, notamment la loi de 2011, sans que la transition vers la loi de 2022 (Terrorism Prevention and Prohibition Act) n'ait été correctement opérée. En invoquant l'article 36(12) de la Constitution nigériane, qui stipule qu'aucune condamnation ne peut être prononcée sans une loi écrite définissant précisément l'infraction et sa peine, les plaignants interrogent la validité même du verdict. Ils affirment que le tribunal n'a pas pris de nouveaux plaidoyers conformes aux dispositions de la loi de 2022, rendant la base juridique de la sentence incertaine.
Doutes sur le respect des droits de la défense
Au-delà des questions législatives, la famille soulève des préoccupations majeures concernant le droit à un procès équitable. Elle allègue que Nnamdi Kanu n'a pas été autorisé à présenter une plaidoirie finale avant le prononcé du jugement, et que la procédure de détermination de la peine, incluant l'allocutus, n'a pas été respectée. Ces manquements allégués s'ajoutent à une confusion persistante sur la nature juridique de la poursuite des débats après les décisions contradictoires de la Cour d'appel en 2022 et de la Cour suprême, laissant planer un doute sur l'autorité légale régissant la continuation du procès.
Appel en attente et examen du Conseil judiciaire
Face à ce qu'elle qualifie d'impasse judiciaire, la famille exige que l'appel de Nnamdi Kanu soit rapidement inscrit au rôle. Elle pointe du doigt le retard pris par le gouvernement fédéral pour déposer son mémoire en réponse, contrastant avec la célérité observée lors de précédentes étapes de la procédure. Parallèlement, elle demande au Conseil judiciaire national (NJC) d'examiner le dossier pour vérifier si le juge Omotosho a respecté les obligations statutaires et constitutionnelles. L'enjeu est désormais de savoir si les tribunaux nigérians accepteront de clarifier les fondements légaux de cette condamnation, alors que la famille continue de réclamer la preuve de la loi écrite ayant servi de socle à la sentence du 20 novembre 2025.