La famille de Mary Habila, infirmière affectée au service du ministre nigérian des Travaux publics, David Umahi, a officiellement communiqué sur les causes de son décès survenu le 27 juin dernier. Cette déclaration intervient dans un contexte de vives tensions publiques et de pressions judiciaires entourant les circonstances de sa disparition au domicile du ministre.
Une pathologie cardiaque invoquée par les proches
Dans un hommage publié à l'occasion de ses obsèques, célébrées le 21 août à Nok, dans l'État de Kaduna, la famille a affirmé que Mary Habila souffrait d'une malformation cardiaque congénitale, décrite comme un « trou dans le cœur ». Selon ses proches, malgré un suivi médical, son état de santé se serait dégradé, menant à un arrêt cardiaque fatal. Cette version des faits constitue la première communication officielle de la famille sur les raisons médicales du décès, bien qu'aucun détail n'ait été fourni sur les examens cliniques ayant permis d'établir ce diagnostic final.
Le refus persistant de l'autopsie
La question de la cause réelle du décès a suscité une controverse nationale, alimentée par le délai de deux semaines avant que l'information ne soit rendue publique. Face aux spéculations sur une éventuelle implication du ministre, des voix citoyennes et des autorités policières ont exigé la réalisation d'une autopsie pour lever tout doute. La famille s'est toutefois opposée fermement à cette procédure, allant jusqu'à solliciter l'intervention de l'Inspecteur général de la police pour obtenir la restitution du corps sans examen médico-légal, malgré les appels du ministre Umahi lui-même à faire toute la lumière sur l'affaire.
Un climat de défiance et des suites judiciaires
Le décès de l'infirmière a provoqué une onde de choc, certains secteurs de la société civile réclamant la démission du ministre, qui a nié toute responsabilité dans cette affaire. Si la famille a procédé à l'inhumation, le dossier n'est pas clos pour autant sur le plan juridique. Une organisation de la société civile, le Kwechiri Unity Forum, a engagé des poursuites judiciaires contre le ministre et les autorités policières. Cette procédure souligne l'enjeu de transparence et de redevabilité publique qui entoure désormais ce décès, alors que les zones d'ombre sur l'absence d'autopsie continuent d'alimenter le débat public au Nigeria.