La famille du premier président du Ghana, Osagyefo Dr Kwame Nkrumah, a officiellement renoué avec sa terre ancestrale de Nkroful, dans le district d'Ellembelle, à l'occasion de l'édition 2026 du NkrumahFest. Cette démarche, portée par Samia Yaba Nkrumah, marque une étape symbolique forte : celle de la fin d'un éloignement prolongé, justifié par les traumatismes liés aux violences politiques ayant jalonné le mandat du leader panafricain.
Un retour après des décennies de silence
Samia Nkrumah a exprimé ses regrets pour l'absence prolongée de sa famille à Nkroful. Elle a confié que les tentatives d'assassinat et les violences subies par son père, dont elle a été témoin enfant, avaient plongé ses proches dans une peur durable. Ce retour, accompagné de trois petits-enfants de l'ancien président, signe une volonté de réengagement dans la vie publique ghanéenne. L'objectif affiché est de contribuer activement à l'unité et au développement du pays, en dépassant le simple cadre commémoratif pour ancrer l'action familiale dans le présent.
Réhabiliter la mémoire face aux récits officiels
Au-delà de la symbolique, la famille Nkrumah entend contester les interprétations historiques qui ont suivi le coup d'État de 1966. Samia Nkrumah rejette fermement l'idée que la chute de son père ait été accueillie avec enthousiasme par la population, qualifiant cette version de « propagande négative ». À travers l'inauguration de nouveaux monuments, comme celui de Sunyani, elle appelle à ne pas réduire l'héritage de son père à des statues, mais à privilégier une lecture critique et vivante de sa pensée politique.
Transmettre l'idéal panafricain à la jeunesse
Le soutien apporté au NkrumahFest, en collaboration avec des acteurs locaux comme le député Emmanuel Armah-Kofi Buah, s'inscrit dans une stratégie de transmission. La famille souhaite « réintroduire » les idées de Kwame Nkrumah auprès des jeunes générations, en réfutant les qualificatifs d'isolationnisme ou de dogmatisme souvent accolés à son nom. Pour Samia Nkrumah, il s'agit de démontrer que le nationalisme ghanéen et le panafricanisme prônés par son père restent des outils pertinents pour nourrir la réflexion contemporaine sur l'avenir du continent.