La famille de feu Ekuevugbe Adeda a officiellement exprimé son refus de collaborer avec la commission d'enquête administrative mise en place par le gouvernement de l'État du Delta. Cette décision, motivée par une profonde méfiance envers les autorités locales, souligne les tensions persistantes autour des circonstances entourant ce décès qualifié de meurtre par les proches de la victime.
Une composition jugée non représentative
Le principal grief de la famille Adeda concerne la structure même de la commission d'enquête. Selon Lloyd Sodje Adeda, frère du défunt, l'instance est exclusivement composée de fonctionnaires, excluant de facto les membres de la famille, les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains. Pour les proches, cette configuration compromet l'impartialité nécessaire à la manifestation de la vérité et renforce leur sentiment d'être tenus à l'écart d'un processus qui devrait pourtant les concerner au premier chef.
Des accusations d'impunité au sein de l'exécutif
Au-delà de la forme, la famille pointe du doigt une protection institutionnelle dont bénéficieraient certains suspects. Elle dénonce notamment le fait que le Dr Kingsley Ashibogwu, présenté comme un agent du gouvernement et suspect principal, n'ait pas encore été inquiété par la justice. Plus grave encore, la famille accuse un commissaire en exercice d'être impliqué dans l'affaire, déplorant que ce dernier demeure sous la protection du gouvernement, ce qui entraverait toute procédure judiciaire équitable.
Le refus d'une visite de condoléances
En signe de protestation contre ce qu'ils considèrent comme une gestion opaque de l'affaire, les proches ont également rejeté une visite de condoléances proposée par le gouvernement de l'État. Ils exigent, en préalable à tout échange, une déclaration publique claire des autorités sur les points soulevés. Malgré cette fin de non-recevoir, une délégation gouvernementale de haut rang s'est rendue sur place samedi, réitérant l'engagement de l'État à garantir que justice soit rendue, une promesse qui, pour l'heure, ne semble pas apaiser les griefs de la famille Adeda.