Le premier concessionnaire Renault d'Allemagne, Autohaus König, vient de déposer le bilan avec une dette colossale de 212 millions d'euros, mettant en péril 1 200 emplois et un réseau de 82 concessions. Alors que l'activité se poursuit temporairement, les constructeurs Renault et Stellantis tentent d'éviter un effondrement aux conséquences économiques majeures.
Un empire automobile en faillite malgré des bénéfices récents
Fondé à Berlin-Ouest dans les années 1950, Autohaus König s'est imposé comme le premier distributeur Renault en Allemagne, avec 82 concessions principalement situées dans l'est du pays. Pourtant, malgré un bénéfice de 1,2 million d'euros sur l'exercice 2023-2024, l'entreprise affichait un passif dépassant 212 millions d'euros au moment de sa mise en faillite, validée début septembre par le tribunal de Berlin-Charlottenburg. L'actionnaire majoritaire, Dagmar König, n'a pas réussi à trouver de repreneur pour céder ses parts, scellant ainsi le sort du groupe.
1 200 emplois en suspens et un réseau de 12 000 véhicules à risque
L'avenir des 1 200 salariés du groupe est désormais incertain, même si l'activité commerciale se poursuit temporairement pour préserver le réseau et la clientèle. Le groupe, qui distribue également des marques Stellantis (Fiat, Jeep, Opel) en plus de Renault et Dacia, maintient ses services de vente, d'entretien et de pièces détachées. Cependant, sans solution de restructuration ou de reprise, ces emplois pourraient disparaître, tandis que les 12 000 véhicules en stock risquent de se retrouver sans débouché commercial.
Renault et Stellantis en première ligne face à l'effondrement
Les deux géants automobiles, Renault et Stellantis, qui considéraient Autohaus König comme un partenaire clé, tentent désormais d'éviter un scénario catastrophe. Renault a assuré que ses clients pourraient continuer à bénéficier des services via d'autres concessionnaires agréés, mais l'absence de solution globale pour le réseau König laisse planer des incertitudes sur la continuité des activités. Stellantis, présent via plusieurs de ses marques, n'a pas encore communiqué de stratégie alternative, tandis que l'administrateur judiciaire désigné par la justice allemande supervise la situation pour tenter de trouver une issue.
Un nouveau choc pour le secteur automobile allemand
Cette faillite s'ajoute à une série de difficultés pour le secteur automobile allemand, déjà fragilisé par la transition vers l'électrique et la concurrence accrue. Autohaus König, qui représentait 18 marques et un chiffre d'affaires significatif, illustre les risques encourus par les distributeurs traditionnels face aux mutations du marché. Sans repreneur ou plan de sauvetage, l'effondrement du groupe pourrait avoir des répercussions sur l'emploi local et la confiance des consommateurs dans le réseau automobile allemand.