La remise du titre de « Blue Silk » à l'ancien président du barreau nigérian (NBA), Ebele Nwokoye, marque un tournant dans le conflit juridique opposant l'Association of Legislative Drafting and Advocacy Practitioners (ALDRAP) aux instances dirigeantes du droit au Nigeria. Cette distinction, conçue pour valoriser les avocats spécialisés dans le conseil et les transactions non-litigieuses, s'affirme désormais malgré les vives contestations de la NBA et du Comité des privilèges des praticiens du droit (LPPC).
Une alternative à la distinction de Senior Advocate of Nigeria
Contrairement au titre de Senior Advocate of Nigeria (SAN), qui demeure la référence pour les avocats spécialisés dans le contentieux judiciaire, le « Blue Silk » cible les praticiens du droit des affaires et du conseil. Pour prétendre à ce rang, les candidats doivent justifier d'au moins dix ans d'expérience et présenter un dossier comprenant 35 transactions non-litigieuses vérifiables. Cette initiative portée par le Body of Senior Counsel of Nigeria (BOSCON) vise à combler un vide dans la reconnaissance des compétences juridiques hors des prétoires.
Un bras de fer institutionnel persistant
L'introduction de ce titre a suscité une levée de boucliers de la part de la hiérarchie judiciaire nigériane, incluant la juge en chef du Nigeria, Kudirat Kekere-Ekun. Le LPPC a publiquement désavoué le « Blue Silk », arguant qu'il ne dispose d'aucune base légale et que son usage pourrait contrevenir aux règles de déontologie professionnelle de 2023. Les promoteurs du titre dénoncent, pour leur part, des méthodes d'obstruction employées par la direction de la NBA, notamment lors de la cérémonie d'investiture initiale en décembre 2025.
La portée juridique du jugement de janvier 2026
La légitimité du « Blue Silk » repose désormais sur une décision de justice rendue le 27 janvier 2026 par le juge Mohammed Umar Garba de la Haute Cour fédérale d'Abuja. Ce jugement interdit à la NBA et au LPPC de réguler ou d'entraver cette distinction, au motif qu'elle ne relève pas des compétences expressément définies par la loi sur les praticiens du droit de 1962. Selon l'ALDRAP, le délai légal pour faire appel de cette décision est désormais expiré, conférant à ce titre une assise juridique que les opposants continuent pourtant de contester en s'appuyant sur d'autres procédures judiciaires en cours.