Le directeur général de la Police nationale espagnole, Francisco Pardo, a formellement démenti l'existence d'un rapport officiel imputant aux forces de sécurité marocaines la planification des entrées massives de migrants à Ceuta, les 30 et 31 juillet derniers. Cette mise au point intervient dans un contexte de tensions médiatiques et politiques, poussant le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, à exiger des clarifications immédiates sur la gestion de ce dossier sensible.
Clarifications au sein du ministère de l'Intérieur
Face aux informations relayées par la presse, le ministre de l'Intérieur a sollicité des explications directes auprès de sa hiérarchie policière. En réponse, Francisco Pardo a consulté le Commissariat général à l'information ainsi que le Commissariat général aux étrangers et aux frontières. Le ministère a officiellement confirmé, par voie de communiqué, qu'aucun document interne ne vient étayer l'hypothèse d'une implication des autorités marocaines dans l'organisation des passages frontaliers.
La controverse autour d'un rapport judiciaire
Le débat a été alimenté par des révélations de presse évoquant un document transmis à l'Audience nationale, suggérant une supervision des mouvements migratoires par des membres de la gendarmerie marocaine. Interrogé sur la genèse de ces informations, le chef de la police a précisé que la juge en charge de l'enquête, María Tardón, avait imposé une stricte confidentialité sur les éléments du dossier, empêchant ainsi la transmission d'informations aux échelons supérieurs de la hiérarchie policière.
Analyse de l'alerte du 29 juillet
Un autre point de friction concernait une note émise par le Centre national de l'immigration et des frontières la veille des événements. Si certains observateurs y voyaient un avertissement spécifique, Francisco Pardo a qualifié ce document de simple « avertissement concernant un risque récurrent ». Selon ses déclarations, cette note ne contenait aucune mention explicite ou prévisionnelle concernant une entrée massive de migrants pour le lendemain, réfutant ainsi l'idée d'une alerte ignorée par les autorités espagnoles.