La directrice générale de la Sécurité intérieure (DGSI) a tiré la sonnette d’alarme devant les entrepreneurs français : les ingérences étrangères en France connaissent une « augmentation fulgurante et majeure ». Une menace qui pèse désormais sur la stabilité des institutions, des entreprises et de la société civile.
Une menace en progression exponentielle
Lors d’une intervention devant le Medef, Céline Berthon, directrice de la DGSI, a qualifié l’évolution des ingérences étrangères de « fulgurante et majeure ». Selon ses propos, ces actions, autrefois discrètes, se multiplient et gagnent en intensité, touchant désormais des secteurs stratégiques. Les méthodes employées incluent l’espionnage, la manipulation de l’information, l’influence économique et même des cyberattaques ciblées. Ces pratiques, souvent portées par des États étrangers, visent à fragiliser la souveraineté française et à perturber les équilibres géopolitiques.
Les secteurs les plus exposés
Les entreprises, en particulier celles des secteurs technologiques, énergétiques et de la défense, figurent parmi les cibles privilégiées. La DGSI souligne que les ingérences ne se limitent plus aux seuls services de renseignement, mais s’étendent à des acteurs privés, des médias et des réseaux sociaux. Les données sensibles, les brevets industriels et les stratégies commerciales deviennent des proies faciles pour des puissances étrangères cherchant à renforcer leur propre position. Cette situation impose aux acteurs économiques une vigilance accrue et une collaboration renforcée avec les autorités.
Quelles réponses pour la France ?
Face à cette escalade, la DGSI mise sur une stratégie à plusieurs niveaux : renforcement des capacités de détection, coordination avec les partenaires européens et internationaux, et sensibilisation des entreprises et des citoyens. Céline Berthon a insisté sur l’importance de la « résilience collective », invitant les acteurs publics et privés à adopter des protocoles stricts de cybersécurité et de protection des données. Une priorité qui s’inscrit dans un contexte où les menaces hybrides – mélangeant espionnage, désinformation et pression économique – redéfinissent les règles de la sécurité nationale.
Un enjeu qui dépasse les frontières
Cette alerte intervient alors que la France, comme d’autres pays européens, fait face à une multiplication des tentatives d’ingérences. Les tensions géopolitiques actuelles, notamment avec la Russie et la Chine, exacerbent ces risques. Pour les décideurs africains, cette situation rappelle l’importance de sécuriser leurs propres infrastructures critiques et de renforcer les mécanismes de coopération régionale contre les menaces transnationales. Une dynamique qui pourrait inspirer des initiatives communes sur le continent.