La France fait face à une trajectoire d'endettement préoccupante, avec des projections officielles situant le ratio dette sur PIB à 119,3% en 2026, pour culminer à 121,7% en 2027. Cette dégradation des finances publiques, inédite depuis 1995, place l'exécutif face à un défi majeur alors que la charge de la dette devient le premier poste de dépense de l'État.
Une progression continue du ratio d'endettement
La dynamique d'endettement s'est accélérée ces derniers trimestres, confirmant une tendance structurelle. Après avoir atteint 115,7% du PIB fin 2025, la dette publique a franchi le cap symbolique des 3 500 milliards d'euros au premier trimestre 2026. Cette ascension s'est poursuivie pour atteindre 117,4% au troisième trimestre, illustrant la difficulté de l'État à stabiliser ses comptes dans un contexte économique ralenti.
Le poids du déficit et le ralentissement de la croissance
Le dérapage des finances publiques est corrélé à une révision à la baisse des perspectives économiques. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a admis que l'objectif de limiter le déficit à 5% du PIB en 2026 ne sera pas respecté. Parallèlement, la prévision de croissance pour 2026 a été divisée par deux, passant de 1% à 0,5%, avant un rebond espéré à 1% en 2027. Cette conjoncture fragilise la capacité de la France à redresser sa trajectoire budgétaire, alors que la Cour des comptes qualifie la situation d'alarmante.
Le défi du budget de sauvegarde républicaine
Pour répondre à cette crise, le gouvernement prévoit de mettre en œuvre un « budget de sauvegarde républicaine » en 2027, visant à contenir strictement la progression des dépenses ministérielles. Toutefois, l'exécutif a exclu toute hausse d'impôts, une décision qui limite considérablement les leviers disponibles pour réduire le déficit. La charge de la dette, alourdie par les taux d'intérêt élevés des dernières années, pèse désormais plus lourdement sur le budget national que les dépenses consacrées à l'Éducation nationale, hors pensions.