La destruction d'une usine de dessalement dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza, le 24 août dernier, a brutalement privé des milliers de déplacés d'une source d'eau potable fiable. Cet équipement, qui fonctionnait depuis seulement deux mois, constituait un pilier essentiel pour la survie des familles installées dans les zones de tentes, illustrant la fragilité extrême des infrastructures civiles face aux opérations militaires en cours.
Un coup d'arrêt pour l'accès à l'eau potable
L'installation, dont le coût des équipements est estimé à 250 000 dollars par son propriétaire, Mohammed Mahmoud, desservait 17 centres de regroupement et abris collectifs. Avant sa destruction, elle permettait aux résidents de Sheikh Radwan d'accéder à de l'eau traitée en continu, réduisant ainsi la dépendance aux camions-citernes, dont le passage demeure aléatoire et insuffisant. Pour les familles déplacées, cette perte signifie un retour à une précarité hydrique sévère, les contraignant à parcourir de longues distances pour s'approvisionner à des points d'eau non sécurisés ou à des puits souterrains.
Une crise sanitaire et logistique profonde
La situation s'inscrit dans un contexte où, dès juillet, plus de 90 % de la population de Gaza faisait face à des ruptures d'approvisionnement en eau potable. Le système humanitaire actuel, reposant sur la distribution par camions, peine à répondre aux besoins minimaux recommandés, soit six litres par personne et par jour. L'absence de sources locales fiables entraîne des conséquences sanitaires directes, notamment l'apparition de maladies gastro-intestinales chez les enfants, faute d'eau propre pour l'hygiène et la consommation.
Le coût humain de la pénurie
Au-delà du risque sanitaire, la pénurie impose un fardeau physique épuisant aux populations déplacées. Les témoignages recueillis sur place font état de blessures musculo-squelettiques chroniques chez les personnes âgées, contraintes de transporter quotidiennement des charges lourdes pour subvenir aux besoins de leurs familles. Cette corvée d'eau, devenue une lutte de survie quotidienne, souligne l'impact dévastateur de la destruction des infrastructures de base sur la dignité et la santé physique des civils dans une zone où, selon les résidents, l'eau est devenue le déterminant principal de la vie.