Le prolongement du Train express régional (TER) vers l'Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) cristallise les tensions au sein des communautés locales et parmi le personnel aéroportuaire. Si cette infrastructure vise à désenclaver la plateforme, le Collectif pour la défense des intérêts de la commune de Keur Moussa pointe des failles structurelles majeures, allant de la tarification jugée prohibitive à une inadéquation flagrante avec les impératifs du trafic aérien.
Une tarification jugée prohibitive pour les salariés
Avec un coût fixé à 4 000 FCFA, le billet est perçu comme un frein majeur pour les quelque 2 000 employés qui font quotidiennement fonctionner la plateforme aéroportuaire. Pour ces travailleurs, ce tarif rend l'usage du train peu viable pour les trajets domicile-travail. Cette barrière financière risque de limiter l'adoption du TER par ceux-là mêmes qui constituent le flux régulier de passagers, en dehors des voyageurs internationaux.
Des horaires en décalage avec le trafic aérien
Le collectif souligne une incohérence opérationnelle majeure : l'arrêt de l'exploitation du train à 22 heures. Or, une part significative des vols internationaux atterrit à l'AIBD entre 22 heures et 3 heures du matin. Cette limite horaire prive une large partie des voyageurs d'une solution de transport moderne, les contraignant à se tourner vers des alternatives moins sécurisées ou plus coûteuses, contredisant ainsi l'objectif de fluidification du transport aéroportuaire.
Le défi du dernier kilomètre et la rupture de charge
Au-delà du trajet ferroviaire, la question de la mobilité finale reste entière pour les habitants des communes environnantes, telles que Keur Moussa, Diass, Sindia et Nguékhoh. Une fois arrivés à la gare, les usagers doivent recourir à des moyens de transport informels, comme les taxis clandestins ou les motos-taxis, engendrant un surcoût estimé à 2 000 FCFA. Cette rupture de charge est aggravée par l'éloignement de la gare par rapport aux zones d'activité spécifiques, comme le secteur cargo et fret, laissant les salariés sans véhicule personnel dans une situation de précarité logistique.