La Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj) et l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) ont officialisé un partenariat stratégique visant à transformer la réinsertion socio-économique des personnes ayant un passé pénal. Ce dispositif mise sur l’entrepreneuriat comme levier de réintégration, en transformant les compétences acquises en détention en projets professionnels viables.
Un accès facilité au financement pour les sortants de prison
Le cœur de cette convention repose sur l’accompagnement technique et financier des ex-détenus, avec une attention particulière portée à ceux ayant bénéficié de formations durant leur incarcération. À titre d'exemple, près de 60 détenus de la Maison d’arrêt de Rebeuss ont récemment été formés grâce à un appui de la Ville de Dakar et du FODEM. Pour soutenir ces profils, la Der/Fj propose des conditions de financement avantageuses, incluant un taux d’intérêt préférentiel de 5 % et des mécanismes de garanties allégés, afin de lever les barrières classiques à l'accès au crédit pour ce public vulnérable.
L'expertise juridique au service de la pérennité des projets
L’implication de l’Union des magistrats du Sénégal apporte une dimension sécuritaire et rigoureuse au programme. L’Ums s’engage à fournir une expertise en droit des affaires et en recouvrement de créances pour encadrer les activités entrepreneuriales créées. Le président de l’organisation, Maître Cheikh Ba, a souligné que cet accompagnement vise également à inculquer une culture de responsabilité, rappelant que le remboursement des fonds publics demeure une obligation juridique et morale indispensable à la pérennité du dispositif.
Élargissement aux diplômés en droit
Au-delà de la réinsertion des personnes ayant purgé une peine, le partenariat intègre un volet spécifique destiné aux titulaires d’un Master en droit. Cette initiative vise à renforcer leurs compétences pratiques et à faciliter leur insertion directe dans le tissu économique national. En combinant formation, financement et sécurisation juridique, cette convention cherche à réduire la stigmatisation liée à l'incarcération tout en favorisant une inclusion économique durable sur l'ensemble du territoire sénégalais.