La démolition de La Beach à Accra soulève des tensions sur la gouvernance foncière et le respect des droits des communautés locales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
La démolition de La Beach à Accra soulève des tensions sur la gouvernance foncière et le respect des droits des communautés locales

La récente opération de démolition menée sur le site de La Beach, à Accra, cristallise les critiques sur la gestion des espaces côtiers au Ghana. Senyo Hosi, figure du mouvement OneGhana, dénonce une intervention menée sans concertation préalable avec la communauté Ga, mettant en péril les moyens de subsistance de milliers de citoyens.

Un impact socio-économique majeur pour les populations locales

Au-delà de sa fonction récréative, La Beach constitue un pilier de l'infrastructure économique et touristique de la capitale. Pour Senyo Hosi, cette zone soutient directement des milliers de familles, des vendeurs aux opérateurs de services, qui dépendent de l'activité commerciale du site pour leur survie. Il souligne que l'État lui-même a longtemps tiré profit de cette fréquentation via la collecte de taxes locales. Toute velléité de réorganisation du littoral doit, selon lui, impérativement intégrer une étude d'impact sur ces populations vulnérables, sous peine de fragiliser davantage le tissu social local.

Le spectre d'une gestion foncière à deux vitesses

L'opération soulève également des interrogations sur l'équité des procédures d'urbanisme. Senyo Hosi pointe du doigt une application sélective de la loi, s'interrogeant sur le traitement différencié réservé à certains établissements privés, comme le Sandbox Beach, par rapport aux structures démolies. Il interpelle les autorités sur la transparence des baux et des autorisations accordées le long du littoral. Cette incohérence dans l'application des règles alimente le sentiment d'une gestion arbitraire, où le poids politique de certains acteurs pourrait primer sur le respect strict des normes d'aménagement du territoire.

L'exigence d'un dialogue respectueux avec le peuple Ga

Le débat dépasse la simple question de l'urbanisme pour toucher à la reconnaissance historique du peuple Ga. Senyo Hosi rappelle que cette communauté a consenti à des sacrifices majeurs pour le développement national, notamment en cédant des terres pour l'établissement de la capitale ghanéenne. Il juge « déprimant » et irrespectueux que des décisions affectant leur espace traditionnel soient prises sans une consultation formelle des chefs coutumiers. L'appel est clair : si l'État dispose de prérogatives pour réguler le littoral, il doit impérativement privilégier des processus constitutionnels et transparents, plutôt que des actions unilatérales qui ignorent les contributions historiques des populations locales à la nation.

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