La délinquance juvénile à N'Djamena interpelle sur les failles du système éducatif et social tchadien

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 42 lectures
La délinquance juvénile à N'Djamena interpelle sur les failles du système éducatif et social tchadien

La montée de la délinquance juvénile dans les rues de N'Djamena soulève des inquiétudes majeures sur l'avenir de la jeunesse tchadienne. Entre carences éducatives, précarité économique et absence d'encadrement familial, ce phénomène fragilise la cohésion sociale et exige une réponse structurelle urgente.

Un déficit d'instruction alarmant

Le constat est préoccupant : une part significative de la jeunesse tchadienne évolue en marge du système scolaire. Selon les données de l'UNESCO, le taux d'alphabétisation des personnes âgées de 15 ans et plus plafonne à environ 27 %. Cette disparité est marquée par un accès à l'instruction plus faible chez les femmes, dont le taux d'alphabétisation oscille entre 18 % et 19 %, contre 35 % à 45 % pour les hommes. Ce faible niveau de scolarisation laisse de nombreux enfants sans repères, livrés à eux-mêmes dans les espaces publics, ce qui favorise l'exposition à des comportements à risque tels que la mendicité ou la consommation de substances nocives.

La responsabilité parentale et sociale

La rue, devenue le principal lieu de socialisation pour ces enfants, ne peut se substituer à l'éducation familiale. L'absence d'encadrement parental est pointée comme un facteur aggravant de la délinquance. Pour inverser cette tendance, il devient impératif de renforcer les structures de formation professionnelle dès le plus jeune âge. L'apprentissage de métiers manuels et techniques apparaît comme une alternative nécessaire pour éviter que ces jeunes, sans perspectives d'avenir, ne basculent dans des activités illicites qui menacent la sécurité urbaine.

Le levier économique comme solution durable

La lutte contre la délinquance juvénile est intrinsèquement liée aux défis économiques du pays, notamment la pauvreté et le chômage. La transformation des secteurs porteurs, tels que l'agriculture et l'élevage, représente une opportunité stratégique pour absorber une main-d'œuvre jeune et désœuvrée. Si la modernisation de ces filières est valorisée par des politiques publiques ambitieuses, elle pourrait offrir une issue concrète à l'exclusion sociale. En attendant, la conjugaison des efforts entre la responsabilité des familles et l'intervention des autorités demeure le seul rempart pour stabiliser une génération en quête de repères.

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