La dégradation des terres au Nigeria : un défi environnemental aux racines des conflits sociaux

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 22 lectures
La dégradation des terres au Nigeria : un défi environnemental aux racines des conflits sociaux

Face à l'avancée de la désertification et à la dégradation accélérée de ses écosystèmes, le Nigeria doit impérativement revoir ses priorités budgétaires. Joseph Onoja, directeur général de la Nigerian Conservation Foundation (NCF), souligne que la protection de l'environnement n'est pas une option, mais le socle indispensable à la stabilité sociale et à la sécurité alimentaire du pays.

Un lien direct entre dégradation des sols et instabilité

L'expert pointe une corrélation directe entre la raréfaction des terres arables et la recrudescence des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Lorsque les sols perdent leur productivité, les populations et le bétail sont contraints de migrer vers des zones déjà occupées, créant des tensions immédiates autour de l'accès aux ressources. Selon M. Onoja, ignorer cette dimension environnementale revient à occulter les causes profondes de l'insécurité actuelle au Nigeria.

Le sous-financement chronique du ministère de l'Environnement

Malgré l'ampleur des enjeux, le ministère fédéral de l'Environnement demeure l'un des départements les moins dotés financièrement. Pour la NCF, cette situation est paradoxale : sans un environnement sain, les secteurs de l'agriculture et de l'économie ne peuvent prospérer. Un investissement accru permettrait non seulement de mieux encadrer les activités extractives, comme l'exploitation minière illégale, mais aussi de restaurer les paysages forestiers et les zones de savane sahélienne.

Vers une synergie des conventions internationales

En marge de la COP17, la NCF plaide pour une meilleure coordination entre les trois grandes conventions des Nations unies sur le climat, la biodiversité et la lutte contre la désertification. L'objectif est de transformer les engagements internationaux en projets bancables et concrets sur le terrain. En tant que partenaire technique du gouvernement, la fondation travaille à structurer ces initiatives, telles que le programme « Green Recovery Nigeria », pour capter les financements mondiaux, notamment l'enveloppe de 1,3 milliard de dollars annoncée lors du sommet.

L'impératif d'une gestion durable des terres

La restauration des paysages nigérians, du littoral aux zones arides du Nord, est présentée comme une solution fondée sur la nature pour contrer l'érosion et la perte de biodiversité. Si des initiatives comme la Grande Muraille Verte témoignent d'une volonté politique, M. Onoja insiste sur la nécessité d'une action plus systématique. La survie des écosystèmes nigérians dépend de la capacité du pays à soutenir la nature pour qu'en retour, celle-ci puisse continuer à soutenir les moyens de subsistance des communautés locales.

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