L'agence de notation Moody's a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, assortie d'une perspective négative, soulignant un risque accru de défaut de paiement. Cette décision financière majeure intervient dans un contexte de tensions politiques internes qui, selon l'agence, entravent la mise en œuvre des réformes budgétaires indispensables au redressement du pays.
Un cadre macroéconomique sous haute tension
La dégradation actée le 28 août 2026 place le Sénégal dans une situation financière délicate. Moody's justifie cette note par une dette publique atteignant désormais 108 % du PIB et une dépendance accrue aux marchés régionaux de l'UEMOA. L'absence de programme actif avec le Fonds monétaire international (FMI) accentue les pressions de refinancement, rendant la trajectoire budgétaire du pays particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs et internes.
L'instabilité politique au cœur du diagnostic financier
Au-delà des indicateurs purement comptables, l'agence de notation pointe explicitement les récents bouleversements institutionnels. Le limogeage de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, suivi de son élection à la présidence de l'Assemblée nationale, est perçu par les analystes comme un facteur d'instabilité. Cette lecture suggère que les frictions au sommet de l'État retardent les réformes structurelles nécessaires pour assainir les finances publiques et restaurer la confiance des investisseurs.
Les critiques de l'opposition sur la gestion de l'État
Cette dégradation a suscité une vive réaction de Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs. L'ancien ministre a dénoncé ce qu'il qualifie de « guerre fratricide » entre les camps du président Bassirou Diomaye Faye et du président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko. Selon lui, cette rivalité détourne l'exécutif des priorités sociales et économiques, aggravant la misère des populations. Il accuse les deux factions de privilégier des stratégies partisanes — comme la vente de cartes de membre ou la transhumance politique — au détriment d'une gestion rigoureuse des affaires publiques.
Un appel à la sanction électorale
Face à ce constat, Thierno Alassane Sall appelle les citoyens à tirer les conséquences de cette situation lors des prochaines échéances électorales. Il exhorte l'électorat à sanctionner l'insouciance perçue de la classe dirigeante face aux épreuves économiques actuelles. Alors que la perspective négative maintenue par Moody's laisse planer le risque d'une nouvelle dégradation, la capacité du gouvernement à apaiser les tensions institutionnelles et à renouer avec les institutions financières internationales apparaît comme le point de vigilance majeur pour les mois à venir.