La défense d'Omoyele Sowore conteste la suspension unilatérale des poursuites par le DSS

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
La défense d'Omoyele Sowore conteste la suspension unilatérale des poursuites par le DSS

La décision du Département des services de sécurité (DSS) de suspendre les poursuites judiciaires contre l'opposant Omoyele Sowore jusqu'aux élections de 2027 suscite une vive réaction de sa défense. L'avocat principal, Olumide Fusika, dénonce une méthode irrégulière et appelle à une clarification institutionnelle sur le rôle de l'agence de renseignement dans les affaires pénales.

Une procédure jugée extra-judiciaire

Le directeur général du DSS, Tosin Ajayi, a annoncé par voie de presse la suspension du procès pour cyberharcèlement visant Omoyele Sowore, justifiant cette mesure par la volonté de ne pas entraver la participation de l'opposant au prochain scrutin présidentiel. Cependant, la défense affirme n'avoir reçu aucune notification formelle. Pour Me Fusika, cette communication publique est inappropriée : elle donne l'illusion que le service de renseignement dispose d'une autorité discrétionnaire sur le calendrier des tribunaux, une prérogative qui appartient exclusivement à l'institution judiciaire.

Le rôle du DSS au cœur du débat

Au-delà de la forme, la défense remet en cause la légitimité même du DSS à mener des poursuites contre des figures politiques. Me Fusika soutient que les missions statutaires de l'agence se limitent à la sécurité intérieure et à la collecte de renseignements. En se substituant au ministère public pour poursuivre des critiques du président Bola Tinubu, le DSS s'expose, selon l'avocat, à des accusations de partialité politique. Il cite notamment les cas de Sowore et de l'universitaire Pat Utomi comme des exemples où l'agence semble s'écarter de ses fonctions régaliennes.

Vers un transfert au Procureur général

Pour restaurer la crédibilité de l'agence, la défense propose deux alternatives concrètes : le retrait pur et simple des charges ou le transfert du dossier au bureau de l'Attorney-General of the Federation (AGF). Cette démarche permettrait, selon Me Fusika, de séparer les fonctions de renseignement des enjeux de poursuites pénales. Si le conseil de Sowore se dit prêt à ne pas s'opposer à une demande d'ajournement si celle-ci est formulée dans les règles de l'art devant le juge, il insiste sur la nécessité pour le DSS de clarifier sa position afin d'éviter que la justice ne soit perçue comme un instrument de calcul politique.

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