La détention de Tabaski Ngom, ancienne fonctionnaire du Trésor public incarcérée depuis janvier 2025, prend une tournure judiciaire complexe. Ses avocats réfutent catégoriquement les accusations d'agression portées contre elle à l'encontre d'une codétenue enceinte, dénonçant une version des faits qu'ils jugent biaisée et réclamant une expertise médicale approfondie pour leur cliente.
Contestation des faits et incidents en détention
Au cœur du litige, l'altercation survenue le 30 août 2026 au Pavillon spécial de Dakar, qui a nécessité l'hospitalisation d'une codétenue, A. Diatta. Si cette dernière est présentée comme la victime, la défense de Tabaski Ngom soutient une thèse inverse. Les conseils affirment que leur cliente a été la cible de provocations et de violences physiques répétées, des faits qu'ils auraient signalés par écrit dès le 4 août 2026. Ils s'interrogent notamment sur la décision de l'administration pénitentiaire de réintégrer dans la même cellule une détenue précédemment écartée, une mesure qu'ils jugent propice à l'escalade des tensions.
Exigence de transparence et actes d'instruction
La défense pointe du doigt des lenteurs dans le traitement des plaintes déposées par leur cliente. Ils réclament des éclaircissements sur les suites données à la dénonciation visant A. Diatta et déplorent l'absence de certains actes d'instruction cruciaux. Selon les avocats, le dossier judiciaire, toujours en cours, nécessiterait des confrontations, l'intégration d'enregistrements audio et l'audition de témoins. Par ailleurs, une plainte déposée auprès de la Division des investigations criminelles contre deux co-inculpés reste, à ce jour, sans avancée notable.
Préoccupations sur l'état de santé et le cadre carcéral
Au-delà des aspects purement pénaux, les avocats expriment une vive inquiétude concernant la santé physique et psychologique de Tabaski Ngom. Ils font état de pathologies telles que l'hypertension, des insomnies et des palpitations cardiaques, justifiant ainsi leur demande formelle d'un bilan médical complet, incluant des évaluations psychiatriques. Ce plaidoyer s'inscrit dans un contexte de détention prolongée pour l'ancienne fonctionnaire, alors que certains de ses co-inculpés ont déjà bénéficié d'une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. La défense souligne enfin le contraste entre le portrait d'une personne violente dressé par l'accusation et le comportement de leur cliente, qui, selon eux, partageait ses repas et témoignait de la solidarité envers ses codétenues.