Une découverte archéologique majeure à Tell Abu Seifi, dans le nord de l'Égypte, pourrait enfin lever le voile sur l'emplacement de la cité antique de Mesen. Une inscription en grès vieille de 3 200 ans, identifiant le dieu Horus comme le « seigneur de la cité de Mesen », apporte un élément probant à cette hypothèse historique débattue depuis longtemps.
Un emplacement stratégique sur la route d'Horus
Le site de Tell Abu Seifi, situé à proximité du canal de Suez, à la jonction du Sinaï et du delta du Nil, occupe une position géographique hautement symbolique et militaire. Il se trouve sur l'ancienne « route d'Horus », un axe vital qui reliait historiquement l'Égypte au Levant. La présence de vestiges de forteresses et d'infrastructures logistiques, telles que des salles de stockage et des espaces de service, confirme que ce lieu servait de point de passage stratégique pour les expéditions militaires vers Canaan, le Liban ou la Syrie.
Le rôle central de Ramsès II
L'inscription récemment exhumée mentionne explicitement le règne de Ramsès II (1279-1213 avant notre ère). Elle fait référence à la restauration d'une statue d'Horus, une action qui corrobore la découverte antérieure d'un piédestal de statue similaire sur le même site. Outre les restes d'un temple dédié à la divinité, les archéologues ont mis au jour des objets à caractère administratif, renforçant l'idée que Tell Abu Seifi était un centre névralgique sous le Nouvel Empire.
Vers une confirmation scientifique
Si la convergence des indices — incluant des sceaux et des inscriptions funéraires d'époque ptolémaïque retrouvés précédemment — renforce la thèse liant Tell Abu Seifi à Mesen, la communauté scientifique reste prudente. Hesham Hussein, responsable des fouilles, souligne la nécessité de poursuivre les recherches pour confirmer cette identification. Certains experts suggèrent que le terme « Mesen » pourrait désigner une zone géographique plus étendue plutôt qu'une cité unique. L'analyse approfondie des céramiques et des strates archéologiques sera déterminante pour clore ce débat historique et valider définitivement la localisation de cette cité disparue.