La cybersécurité est devenue la préoccupation numéro un des dirigeants d'entreprises à l'échelle mondiale, devançant désormais les incertitudes économiques et les tensions géopolitiques. Cette mutation des priorités stratégiques, mise en lumière par le dernier rapport Global CEO Outlook de KPMG, souligne une vulnérabilité accrue face aux menaces numériques pour les organisations réalisant plus de 500 millions de dollars de chiffre d'affaires.
La cybersécurité au sommet des menaces
Pour 31 % des 1 400 dirigeants interrogés, la protection des données et la résilience numérique constituent le risque principal pour la croissance sur les trois prochaines années. Ce constat global est toutefois nuancé par des spécificités régionales : si la cybersécurité domine le classement mondial, les dirigeants français placent l'incertitude économique en tête de leurs craintes (29 %), suivie de près par les enjeux de sécurité numérique (28 %). Au niveau mondial, l'instabilité géopolitique et les pressions réglementaires complètent ce podium des risques avec 26 % des suffrages.
L'intelligence artificielle comme levier et défi
Face à ces menaces, les entreprises intensifient leurs investissements technologiques, avec l'intelligence artificielle en fer de lance. Près de 80 % des dirigeants mondiaux et 72 % des Français en font une priorité budgétaire. L'ambition est claire : 74 % des entreprises françaises prévoient d'allouer plus de 10 % de leurs investissements à l'IA dans l'année à venir. Toutefois, cette course à l'innovation s'accompagne d'une vigilance accrue sur l'éthique, un domaine jugé complexe à piloter par 69 % des décideurs français, contre 57 % au niveau mondial.
Divergences sur la durabilité et perspectives
Le rapport révèle également un décalage dans l'intégration des enjeux de durabilité. Si 63 % des dirigeants mondiaux affirment avoir renforcé leur stratégie environnementale, ce chiffre tombe à 47 % pour les entreprises françaises. Néanmoins, aucun dirigeant français n'a déclaré avoir dépriorisé ses engagements en matière de développement durable. Malgré un climat d'incertitude, la confiance demeure : 84 % des dirigeants mondiaux se disent optimistes quant à l'avenir de leur structure, une confiance légèrement plus mesurée en France (72 %), où les prévisions de croissance des résultats restent néanmoins solides, à 3,4 % par an.