Face à la recrudescence des menaces numériques, les autorités ghanéennes exhortent les professionnels des médias à adopter une approche plus prudente lors de la couverture des incidents cybernétiques. L'enjeu est de taille : éviter que la quête d'information ne compromette des enquêtes en cours ou n'offre aux cybercriminels des opportunités d'exploitation de vulnérabilités non corrigées.
Risques liés à la divulgation prématurée
Alex Awere-Kyere, responsable des infrastructures d'information critiques au sein de la Cyber Security Authority (CSA), souligne que la publication d'informations non vérifiées ou trop détaillées sur des failles informatiques peut servir de feuille de route aux attaquants. En révélant des faiblesses avant qu'elles ne soient colmatées, les médias risquent, malgré eux, de faciliter des cyberattaques. L'autorité recommande aux journalistes de collaborer étroitement avec les agences de sécurité pour déterminer quelles données peuvent être rendues publiques sans mettre en péril la sécurité nationale.
Protection des secteurs stratégiques
La vigilance est particulièrement requise concernant les 13 secteurs désignés comme « infrastructures d'information critiques », incluant notamment la finance, l'énergie, l'eau et la santé. Une interruption des services dans ces domaines pourrait engendrer des conséquences systémiques graves pour l'économie ghanéenne. La CSA insiste sur le fait que le rôle des médias doit rester pédagogique et informatif, tout en respectant les impératifs de sécurité qui protègent ces piliers de la société.
Lutte coordonnée contre la fraude mobile
Au-delà de la presse, la CSA appelle le grand public à une réactivité accrue face aux tentatives de fraude par mobile money. L'autorité souligne que les chances de récupération des fonds diminuent drastiquement une fois la transaction finalisée. Pour contrer ce phénomène, un comité conjoint de cybersécurité, regroupant des institutions telles que la Banque du Ghana, l'armée et les services de police, a été mis en place. Cette structure vise à traiter les fuites de données personnelles, souvent à l'origine des escroqueries, en coordonnant les actions entre les opérateurs télécoms et les régulateurs.
Renforcement des capacités journalistiques
Ces recommandations s'inscrivent dans le cadre du projet national de renforcement des capacités des médias communautaires (NCMCCBP), une initiative conjointe de la CSA, de l'Africa Centre for Digital Transformation et du gouvernement tchèque. Lancé à Accra, ce programme de formation a pour vocation d'outiller les journalistes pour une couverture responsable des enjeux numériques, alors que les incidents cybernétiques deviennent une préoccupation quotidienne croissante pour les citoyens.