La persistance des affrontements armés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) engendre une crise éducative majeure, privant 491 578 enfants de scolarité à la rentrée. Ce bilan, établi par le Cluster éducation piloté par l'Unicef et Save the Children, souligne l'impact dévastateur de l'insécurité sur le droit à l'instruction des jeunes Congolais.
Un système scolaire paralysé par les violences
Une semaine après le lancement officiel de l'année scolaire, 1 131 établissements demeurent fermés à travers le pays. Les causes de cette interruption sont multiples : dans près de 50 % des cas, la fermeture est la conséquence directe des affrontements armés. Le reste des incidents se répartit entre la destruction de bâtiments, l'occupation des locaux par des groupes armés ou leur réquisition comme sites d'accueil pour les populations déplacées. Au total, ce sont plus de 2,3 millions d'enfants qui ont été directement affectés par des incidents ayant touché 6 745 structures éducatives.
Le Sud-Kivu, épicentre de la déscolarisation
La province du Sud-Kivu concentre la majorité des fermetures avec 462 écoles inaccessibles, laissant 261 000 élèves sans solution éducative. Ce chiffre dépasse à lui seul le cumul des déscolarisations recensées dans les autres provinces. La situation demeure également critique au Nord-Kivu, notamment dans la zone de Masisi, où 82 000 enfants sont privés de cours. Dans certaines localités, la résilience s'organise tant bien que mal, à l'image de Masisi-centre où sept établissements ont dû se replier dans une cantine paroissiale pour maintenir une activité pédagogique.
Risques accrus de recrutement et de violences
Au-delà de l'interruption des apprentissages, les organisations humanitaires alertent sur les conséquences sécuritaires immédiates de cette déscolarisation massive. L'absence d'encadrement scolaire expose les mineurs à des risques accrus de recrutement forcé par les groupes armés opérant dans la région. Par ailleurs, cette vulnérabilité accrue favorise l'exposition des enfants à diverses formes de violences basées sur le genre, aggravant ainsi la précarité sociale dans les zones de conflit où l'aide humanitaire peine déjà à répondre aux besoins essentiels.