L'instabilité persistante dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, fragilise gravement la sécurité alimentaire et l'économie locale. La destruction du cheptel par les affrontements armés a entraîné une rupture de l'approvisionnement en viande, plongeant les commerçants du marché de Sake dans une crise sans précédent.
Une activité commerciale en plein effondrement
Le secteur de la boucherie, autrefois pilier économique du groupement de Kamuronza, subit de plein fouet les conséquences des hostilités. Les professionnels du marché de Sake rapportent une chute drastique de leur capacité d'abattage. Là où certains commerçants traitaient quotidiennement jusqu'à cinq têtes de bétail, ils peinent désormais à s'en procurer une seule. Cette raréfaction de l'offre témoigne de la destruction progressive des capacités de production locales, anéantissant des années d'investissement des éleveurs de la région.
Inflation galopante et perte de pouvoir d'achat
La rareté des bêtes a mécaniquement provoqué une envolée des prix sur les étals. Le coût d'acquisition d'une vache, qui s'établissait auparavant autour de 500 dollars, oscille désormais entre 850 et 1 100 dollars. Cette inflation brutale se répercute directement sur les consommateurs finaux, dont le pouvoir d'achat est déjà fortement érodé par le contexte de guerre. La viande, denrée de base, devient un produit de luxe inaccessible pour une large partie de la population locale.
Stratégies d'approvisionnement et impératif de paix
Face à l'impossibilité de maintenir une production locale suffisante, les acteurs de la filière sont contraints de modifier leurs circuits d'approvisionnement. Certains commerçants se tournent désormais vers les pays voisins pour importer du bétail, une solution coûteuse et complexe qui souligne la dépendance accrue aux marchés extérieurs. Les éleveurs, dont le patrimoine a été décimé par les combats, appellent les autorités à instaurer une paix durable. Cette stabilité est présentée comme la condition sine qua non pour envisager la reconstruction du cheptel et la relance des activités économiques dans cette zone sinistrée du Nord-Kivu.