La situation humanitaire au Liban demeure critique malgré une baisse apparente du nombre de personnes déplacées. Si les statistiques officielles font état d'une diminution des mouvements de population, les organisations internationales alertent sur le caractère précaire et réversible de ces retours, entravés par des destructions structurelles majeures et une insécurité chronique.
Une instabilité qui fragilise le retour des populations
Bien que le nombre de déplacés soit passé d'un pic de 1,2 million en avril à environ 330 000 aujourd'hui, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) souligne que cette tendance ne signifie pas une résolution de la crise. Le conflit, marqué par des cycles de violence ininterrompus, contraint de nombreuses familles à une mobilité forcée permanente. Cette instabilité empêche toute projection à long terme, les populations oscillant entre des zones jugées temporairement sûres et leurs foyers d'origine, souvent privés d'infrastructures de base.
L'impact dévastateur des destructions sur le tissu local
La stratégie militaire actuelle, incluant des démolitions systématiques dans le sud du pays, a transformé des localités entières en zones inhabitables. Des témoignages font état de villages frontaliers où aucun mur ne reste debout. Cette destruction physique, couplée à l'effondrement des services publics, de l'accès à l'eau et à l'électricité, rend le retour des habitants matériellement impossible. À Nabatieh, comme dans d'autres districts, le tissu économique local a été anéanti, laissant les populations dans une détresse psychologique et financière profonde.
L'épuisement des mécanismes de résilience
Au-delà de l'urgence humanitaire immédiate, la prolongation du conflit entraîne une érosion des capacités de survie des ménages. L'épuisement des économies, l'accumulation de dettes et la saturation des réseaux de solidarité familiale placent les déplacés dans une vulnérabilité accrue. Environ 75 % des personnes déplacées vivent actuellement dans des logements locatifs, une situation financièrement insoutenable à mesure que les revenus disparaissent. Les experts préviennent que sans un effort massif de déblaiement des décombres et de réhabilitation des services essentiels, la perspective d'un retour durable restera hors de portée pour une grande partie de la population libanaise.