Une confrontation judiciaire impliquant le député Nana Agyei Baffour Awuah et l'Office des crimes économiques et organisés (EOCO) met en lumière les fragilités structurelles d'Equity Savings and Loans. Ce dossier, initialement centré sur une enquête, révèle les difficultés majeures rencontrées par les créanciers pour recouvrer leurs fonds auprès de cette institution financière.
Un recouvrement de créances complexe
Le député Baffour Awuah a expliqué que son ancien cabinet juridique avait été mandaté par SIC Life Savings and Loans pour récupérer une créance initiale de 3,5 millions de cedis, montant qui, avec les intérêts, a atteint environ 14 millions de cedis. Malgré l'obtention d'un jugement sommaire, le cabinet a fait face à une absence d'actifs identifiables, rendant l'exécution de la décision judiciaire particulièrement ardue pendant deux ans. La procédure a finalement abouti à un règlement négocié, bien en deçà de la créance totale, après qu'un litige sur la propriété d'un terrain à Oyibi a compromis les tentatives de saisie.
L'opacité des actifs d'Equity Savings and Loans
Ce cas illustre les difficultés opérationnelles d'Equity Savings and Loans, une institution toujours agréée par la Banque du Ghana malgré des rapports faisant état de fermetures d'agences et d'impossibilité pour les clients de retirer leurs dépôts. Les témoignages de clients, incapables d'accéder à leurs économies, soulèvent des interrogations sur la gestion des actifs de l'entreprise. Les registres identifient plusieurs propriétaires bénéficiaires, mais la réalité de la solvabilité de l'institution reste opaque, laissant les déposants dans une incertitude totale quant à la récupération de leurs fonds.
Des allégations sous surveillance
L'enquête de l'EOCO, dont les contours précis n'ont pas été totalement dévoilés, se complexifie avec des accusations portées par d'autres acteurs juridiques. Des allégations suggèrent que des honoraires perçus par le cabinet de Baffour Awuah lors de transactions impliquant Equity Savings and Loans auraient dépassé les limites légales autorisées. Si le député rejette toute irrégularité, affirmant avoir agi selon les instructions de son client, ces éléments ajoutent une dimension supplémentaire à une affaire qui interroge désormais la supervision réglementaire du secteur financier ghanéen.
Un enjeu de confiance pour le secteur financier
Au-delà de la controverse politique, la situation d'Equity Savings and Loans pose la question de la protection des épargnants et de la transparence des institutions financières. Le fait qu'une institution ait pu accumuler des dettes importantes et des difficultés de paiement sur une période prolongée sans que les clients ne soient protégés souligne une faille potentielle dans le suivi des risques. La résolution de ce dossier est désormais attendue par les nombreux clients dont les fonds restent bloqués, dans l'attente d'une intervention claire des autorités de régulation.