Le Trades Union Congress (TUC) du Ghana rejette fermement l'idée que les difficultés opérationnelles et financières de l'Electricity Company of Ghana (ECG) soient imputables à ses employés. Pour le syndicat, la crise actuelle est le résultat direct d'une gouvernance défaillante et de choix stratégiques contestables au sommet de la hiérarchie.
Une remise en cause de la gestion interne
Le Dr Kwabena Nyarko Otoo, secrétaire général adjoint du TUC, a clairement identifié le conseil d'administration et l'équipe de direction comme les principaux responsables des contre-performances de l'entreprise publique. Selon lui, pointer du doigt les travailleurs ordinaires constitue une diversion face à des problèmes structurels de pilotage. Il s'interroge ouvertement sur la capacité du pays à nommer des dirigeants compétents, soulignant que le recours à une entité privée étrangère pour redresser la barre serait un aveu d'échec national injustifié.
Contrats énergétiques et opacité financière
Au-delà de la gestion humaine, le TUC pointe des irrégularités dans les contrats passés par l'entreprise. Le Dr Otoo a notamment évoqué une transaction de 69 millions de dollars portant sur la fourniture de pétrole brut. Ce contrat se serait révélé désastreux, le produit livré ayant été jugé contaminé et impropre à l'usage. Le syndicaliste dénonce une forme d'inertie des autorités politiques, qui, bien qu'informées de ces dérives, s'abstiendraient d'intervenir pour sanctionner les responsables.
Le débat sur la souveraineté économique
Pour le TUC, l'argument de l'inefficacité est utilisé comme un levier pour justifier la cession de l'ECG à des intérêts étrangers. Le syndicat estime que le Ghana dispose des ressources humaines qualifiées nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de son distributeur d'électricité. En liant les difficultés actuelles à des décisions politiques et managériales, le TUC appelle à une réforme de la gouvernance plutôt qu'à une privatisation, insistant sur le fait que la souveraineté énergétique du pays ne doit pas être sacrifiée en raison de fautes de gestion isolées.