Le Nigeria fait face à une urgence sanitaire majeure avec 53 000 décès recensés chaque année en raison de la consommation d'aliments insalubres. Lors de la quatrième conférence sur la sécurité alimentaire organisée par la LASCOPA à Lagos, des experts ont exhorté les autorités et les acteurs économiques à abandonner les approches passives au profit de solutions scientifiques rigoureuses.
Un enjeu de santé publique et de compétitivité économique
Le Dr Adeniyi Odugbemi, expert mondial en qualité alimentaire, a souligné que la sécurité des aliments ne doit plus être traitée comme une fatalité. Au-delà du bilan humain alarmant, l'insalubrité alimentaire entrave le potentiel économique du pays. Les produits nigérians exportés risquent en effet d'être rejetés sur les marchés internationaux si les normes de sécurité ne sont pas strictement respectées. Pour l'expert, la sécurité alimentaire est un avantage compétitif indispensable pour dynamiser le secteur agricole national.
Encadrer le secteur informel et renforcer la traçabilité
Une part significative de la consommation alimentaire au Nigeria provient du secteur informel, souvent dépourvu de protocoles d'hygiène standardisés. Plutôt que de stigmatiser les petits vendeurs, les intervenants préconisent un accompagnement technique et une formation aux bonnes pratiques de manipulation. Parallèlement, des problématiques spécifiques comme l'adultération de l'huile de palme — où des colorants chimiques sont parfois ajoutés pour tromper la vigilance des consommateurs — illustrent la nécessité d'une meilleure traçabilité tout au long de la chaîne de valeur.
Vers une responsabilité partagée entre État et citoyens
La lutte contre les maladies d'origine alimentaire repose sur une action concertée. Le gouvernement est appelé à élaborer des réglementations fondées sur des preuves scientifiques, tandis que les institutions académiques doivent orienter leurs recherches vers des défis pratiques. De leur côté, les agences de régulation, telles que la NAFDAC et la LASCOPA, intensifient leurs mécanismes de contrôle. La sensibilisation des consommateurs reste toutefois un levier crucial : ces derniers sont encouragés à vérifier systématiquement les étiquettes, les dates de péremption et à privilégier des circuits d'approvisionnement fiables pour réduire les risques d'intoxication.