La section de l'Université du Ghana du syndicat des enseignants (UTAG-UG) tire la sonnette d'alarme face à la difficulté croissante de recruter des universitaires hautement qualifiés. Le faible niveau de rémunération, jugé peu compétitif par rapport au secteur privé, entrave le renouvellement des effectifs dans des disciplines spécialisées comme le droit ou la médecine.
Le décalage entre salaires académiques et réalités du marché
Pour le Dr Jerry Joe Harrison, président de l'UTAG-UG, le système actuel ne permet plus de rivaliser avec les carrières professionnelles lucratives. Il souligne l'absurdité économique pour un expert, tel qu'un avocat ou un médecin, de délaisser une pratique privée rémunératrice pour s'engager dans un doctorat et une carrière d'enseignant-chercheur dont les conditions de service sont jugées insuffisantes. Cette situation crée un déficit structurel de compétences dans les facultés, où l'expérience pratique est pourtant indispensable à la qualité de la formation.
Désaccord sur la gestion des recrutements
Le syndicat s'oppose fermement à l'implication de la Commission ghanéenne de l'enseignement tertiaire (GTEC) dans le processus de recrutement des enseignants. Selon l'UTAG, cette prérogative doit demeurer entre les mains des universités, seules capables de naviguer entre les exigences académiques strictes et la réalité du marché du travail. Le syndicat craint qu'une centralisation administrative ne vienne rigidifier davantage un système déjà en tension, incapable de s'adapter aux besoins spécifiques de chaque discipline.
Vers une stratégie de formation interne
Plutôt que de centraliser les embauches, le Dr Harrison préconise une approche axée sur le renforcement des capacités des institutions elles-mêmes. Il suggère que les autorités de régulation soutiennent financièrement et structurellement la création de programmes doctoraux ciblés au sein des universités. Cette stratégie permettrait de constituer un vivier pérenne de futurs enseignants dans les domaines où l'expertise fait cruellement défaut. En se concentrant sur son rôle de régulateur et de conseiller, la GTEC pourrait ainsi favoriser une autonomie académique durable, alignée sur les besoins réels du développement national et de l'économie ghanéenne.